On devient un vieux con très vite, en fait ; on s'en aperçoit quand on renonce à courir après les conneries des jeunes. Et qu'on se dit « à quoi bon ?
A quoi bon pleurer sur ce qui aurait pu être ?... Les hommes sont-ils donc les artisans de leur propre malheur ? Peuvent-ils se soustraire aux forces du destin ?
A quoi bon exister si son soleil en éclaire un autre que moi ?
Entre les astuces des femmes et l'avidité des hommes, à quoi bon chercher à discerner qui porte le plus de responsabilité ?
A quoi bon aller au ciel, puisqu'il faudra ensuite revenir sur terre ?
A quoi bon faire quoi que ce soit, si tout s'effrite et retourne au néant ?
À quoi sert la vie si on ne peut plus voir celui qu'on aime ? À quoi bon avoir des mains si on ne peut plus caresser, si on ne peut plus le serrer dans ses bras ? Si son parfum n'est plus dans l'air, à quoi bon même respirer ?
L'expression la plus triste de la langue française : «A quoi bon ?».
On aime si bien les yeux fermés. A quoi bon les ouvrir ?
A quoi bon se préoccuper de mille et une questions, quand la vie est si simple et facile ?
A quoi bon faire avancer le Monde si l'Humanité recule ?
Se soigner ? A quoi bon ? Je durerai peut-être moins que mes maladies.
A quoi bon fuir ? Oui, à quoi bon ? Puisque nul ne peut se quitter lui-même. Toute la sagesse de vivre tient là-dedans : savoir qu'il faut en sortir mais qu'on ne peut pas partir...
A quoi bon tant désirerMais sans pouvoir ? Avoir voulu parlerMais sans phrases pour dire ? Avoir regretMais seul, et sans qu'un autre ait pu comprendre ?
Plus on étudie, plus on sait. Plus on sait, plus on oublie. Plus on oublie, moins on sait. Moins on sait, moins on oublie. Moins on oublie, plus on sait. Alors, à quoi bon étudier ?
A quoi bon ces amis qui t'entourent ? Tu seras seul en ton tombeau.
A quoi bon les scrupules puisque c'est du fond du monde que montent nos actes les plus répréhensibles ?
A quoi bon remettre à demain ce qu'on peut faire avec ses pieds.
A quoi bon poursuivre de vains fantômes ? Le sort se plaît à faire échouer les plus ardents projets des hommes.
A quoi bon insulter les morts, puisqu'ils n'en souffrent pas ?
A quoi bon chercher à porter longtemps nos vêtements alors que la vie elle-même est courte ?
À quoi bon avoir peur ? Cela ne sert à rien. Il vaut mieux essayer de comprendre ce qui se passe et de le corriger.
A quoi bon faire des livres pour instruire les hommes ? Les passions n'ont jamais lu ; il n'y a point d'expériences pour elles, elles se lassent quelquefois, mais elles ne se corrigent guère, et voilà pourquoi tant d'événements se répètent.
Ailleurs, on n'a pas à savoir comment la pierre tombe, mais ce qu'en dit Aristote. Les yeux n'y servent qu'à lire. A quoi bon de nouvelles lois qui décrivent comment les corps tombent, si seules importent les lois qui prescrivent comment tomber à genoux.
À quoi bon tant te tourmenter pour ce qui n'existe plus et pour ce qui n'existe pas encore ?
À quoi bon faire un film sans enthousiasme ?
Ce que nous ignorons n'est pas ; à quoi bon nous tourmenter pour un néant ?
On me disait que nous étions prévisibles. A quoi bon être imprévisible ? Joe Louis était prévisible. Vous saviez qu'il allait mettre son adversaire au tapis. Ce n'est pas plus compliqué que ça ! Nous étions peut-être prévisibles, mais personne n'a trouvé la solution pour nous battre.
Tout est dit dans mes chansons. Seulement, ce n'est pas raconté de façon prosaïque, c'est enjolivé. L'essentiel est dedans...Alors à quoi bon en parler ? Si je me mets à parler, ça perd de son intérêt. Moi, je suggère. C'est le public qui fait le reste.
Si tout le monde se ressemble sur terre, à quoi bon voyager !