Oui, Lamoignon, je fuis les chagrins de la ville.Et contre eux la campagne est mon unique asile.
Prenez garde que l'avarice gagne peu et qu'elle se déshonore beaucoup.
Ce qu'on ne doit point voir, qu'un récit nous l'expose :Les yeux en le voyant saisiront mieux la chose ;Mais il est des objets que l'art judicieuxDoit offrir à l'oreille et reculer des yeux.
La première et la plus considérable source du sublime est une certaine élévation d'esprit qui nous fait penser heureusement les choses.
Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire.
Pour chanter un Auguste, il faut être un Virgile...
Faites-vous des amis prompts à vous censurer.
Prenez mieux votre ton. Soyez simple avec art,Sublime sans orgueil, agréable sans fard.
Souvent trop d'abondance appauvrit la matière.
Un pédant, enivré de sa vaine science, n'a souvent fait qu'un sot.
Un livre vous déplait : qui vous force à le lire ?
L'esprit n'est point ému de ce qu'il ne croit pas.
Aimez qu'on vous conseille, et non pas qu'on vous loue.
Le vrai peut quelque fois n'estre pas vraisemblable.
Dans le fatal instant que, d'une égale audace,Le prélat et sa troupe, à pas tumultueux,Descendaient du palais l'escalier tortueux,L'un et l'autre rival s'arrétant au passage,Se mesure des yeux, s'observe, s'envisage,;Une égale fureur anime leurs esprits.
Le plus sage est celui qui ne pense point l'être.
Bientôt l'amour, fertile en tendres sentiments,S'empara du théâtre ainsi que des romans.
Le pénible fardeau de n'avoir rien à faire.
Mais tout fat me déplaît, et me blesse les yeux ;Je le poursuis partout, comme un chien fait sa proie,Et ne le sens jamais qu'aussitôt je n'aboie.
Le vice, toujours sombre, aime l'obscurité.
L'esprit lasse aisément, si le coeur n'est sincère.
Avant donc que d'écrire apprenez à penser,Selon que notre idée est plus ou moins obscure,L'expression la suit, ou moins nette ou plus pure.Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,Et les mots pour le dire arrivent aisément.
Que tu sais bien, Racine, à l'aide d'un acteur,Émouvoir, étonner, ravir un spectateur !
C'est en vain qu'au Parnasse un téméraire auteur,Pense de l'art des vers atteindre la hauteur,S'il ne sent point du ciel l'influence secrète,Si son astre en naissant ne l'a formé poète.
Vous avez raison d'estimer comme vous faites Monsieur de Vauban ; c'est un des hommes de notre siècle, à mon avis, qui a le plus prodigieux mérite, et pour vous dire en un mot ce que je pense de lui, [...] ► Lire la suite
De tous les animaux qui s'élèvent dans l'air, Qui marchent sur la terre, ou nagent dans la mer, De Paris au Pérou, du Japon jusqu'à Rome, Le plus sot animal, c'est l'homme.
Ami de la vertu plutôt que vertueux.
Oh ! que si l'âne alors, à bon droit misanthrope,Pouvait trouver la voix qu'il eut au temps d'Esope ;De tous côtés, docteur, voyant les hommes fous,Qu'il dirait de bon coeur, sans en être jaloux,Content de ses chardons, et secouant la tête :Ma foi, non plus que nous, l'homme n'est qu'une bête !
Durant les premiers ans du Parnasse François,Le caprice tout seul faisoit toutes les loix.La Rime, au bout des mots assemblez sans mesure,Tenoit lieu d'ornemens, de nombre et de césure.Villon sçeut le premier, dans ces siècles grossiers,Débroüiller l'art confus de nos vieux romanciers.
Avant donc d'écrire, apprenez à penser.
Selon que votre idée est plus ou moins obscure,L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,Et les mots pour le dire arrivent aisément.
L'ouvrage le plus plat a, chez les courtisans,De tout temps rencontré de zélés partisans ;Et, pour finir enfin par un trait de satire,Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire.
Voici les lieux charmants où mon âme raviePassait à contempler SilvieLes tranquilles moments si doucement perdus.Que je l'aimais alors, que je la trouvais belle !Mon coeur, vous soupirez au nom de l'infidèle :Avez-vous oublié que vous ne l'aimez plus ?
Qui vit content de rien possède toute chose.
On ne voit à la cour que des gens qui ont le ventre plein de quinquina.
Fuyez de ces auteurs l'abondance stérileEt ne vous chargez point d'un détail inutile.Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant,L'esprit rassasié le rejette à l'instant.
C'est peu d'estre Poëte, il faut estre amoureux.
Jamais on n'est grand qu'autant que l'on est juste.
L'homme de la nature est le chef et le roi.
C'est peu qu'en un ouvrage où les fautes fourmillentDes traits d'esprit semés de temps en temps pétillent,Il faut que chaque chose soit mise en son lieu;Que le début, la fin répondent au milieu.
Rien n'apaise un lecteur toujours tremblant d'effroi,Qui voit peindre en autrui ce qu'il remarque en soi.
C'est ici que souvent, errant dans les prairies,Ma main des fleurs les plus chériesLui faisait des présents si tendrement reçus.Que je l'aimais alors, que je la trouvais belle !Mon coeur, vous soupirez au nom de l'infidèle :Avez-vous oublié que vous ne l'aimez plus ?
Voulez-vous du public mériter les amours ?Sans cesse en écrivant variez vos discours.Un style trop égal et toujours uniformeEn vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme.On lit peu ces auteurs, nés pour nous ennuyer,Qui toujours sur un ton semblent psalmodier.
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