Je n'ai pas honte de te parler sans prudence. Je me dis que c'est ça aussi qui t'a plu chez moi, ma manière d'être transparente. Imaginer que tu puisses ne plus m'aimer est pour moi bien plus abominable que ce que tu appelles les règles que je me suis fixée. Je sais que nous sommes deux personnes, normales, quoi, et qu'après tout, nous pourrions être ensemble. Mais pour combien de temps ? Si nous sommes deux personnes comme les autres, quelle sera la durée de notre amour ? Il n'y a pas d'amour éternel, même dans les livres, il n'y en a pas. Donc s'aimer, c'est s'aimer pour un certain temps. Il n'y aura pas de miracle pour nous. Nous ne sommes pas plus forts que les autres.
Cette réplique exprime la vulnérabilité et l'honnêteté radicale du personnage de Junie face à la personne qu'elle aime (vraisemblablement Nemours, son professeur).
sans prudencedans ses paroles, pensant même que cette
manière d'être transparenteest ce qui a séduit l'autre.
règlesmorales ou personnelles, mais de cesser d'être aimée, qualifiant cette pensée de
bien plus abominable.
normaleset pourraient être ensemble, mais remet immédiatement en question la durée de cet amour.
Il n'y a pas d'amour éternelet, par conséquent,
s'aimer, c'est s'aimer pour un certain temps. Il n'y aura pas de
miraclepour eux, car ils ne sont
pas plus forts que les autres.
La réplique symbolise la lutte intérieure entre le désir passionnel et la lucidité autodestructrice face à la nature éphémère de l'amour.
transparencesymbolise la quête d'une relation authentique, sans les artifices ou les jeux de séduction habituels, mais aussi une forme d'offrande totale de soi.
éternelest une protection symbolique contre la douleur future de la perte ou de la désillusion. En acceptant d'emblée la finitude de l'amour, Junie cherche à maîtriser sa souffrance, préférant la souffrance immédiate du renoncement à celle, inéluctable et plus grande, d'une rupture inattendue.
normalitéet de l'usure du temps, dénué de toute transcendance romanesque.
pour combien de temps ?, elle se donne une raison intellectuelle d'y mettre fin avant même qu'elle ne commence ou qu'elle ne devienne trop douloureuse. C'est un mécanisme de défense.
La Princesse de Clèves, cette réplique peut être vue comme l'expression de l'héroïne tragique moderne. Junie refuse un bonheur qui, par sa nature même, conduirait à une souffrance ou une faute morale (dans le contexte du film, l'amour interdit avec son professeur).
Cette réplique peut résonner dans des situations où l'on est confronté à la fragilité des relations ou aux défis de l'engagement :
transparencecomme atout est souvent valorisée dans la communication honnête des relations modernes.
L'idée principale est qu'il est peut-être plus courageux de vivre pleinement un amour en acceptant sa finitude, plutôt que de le rejeter par peur que celui-ci ne soit pas éternel. Junie met en lumière le paradoxe de l'amour humain : il est à la fois puissant et éphémère. L'amour est un engagement dans le certain temps
, non dans l'éternité.
Cette réplique est extraite du film français La Belle Personne
, réalisé par Christophe Honoré
et sorti en 2008. Elle est prononcée par le personnage principal, Junie
, interprétée par Léa Seydoux
.
La réplique intervient vraisemblablement lors d'une conversation intime et décisive entre Junie
et Nemours
(joué par Louis Garrel
), son professeur d'italien. Leur relation est intense et interdite (élève et professeur). Junie, déjà marquée par la perte de sa mère et engagée avec un autre élève (Otto), est submergée par ses sentiments pour Nemours, mais tente de s'en protéger. Cette scène est l'un des moments clés où elle se confronte à la possibilité d'un grand amour, mais choisit de s'en éloigner par peur de la souffrance future et de l'échec inéluctable qu'elle anticipe.
La réplique est profondément liée à la personnalité de Junie :
transparenceet le fait qu'elle n'ait
pas honte de te parler sans prudencesouligne son refus de jouer un rôle, typique de son caractère entier.
durée de notre amour, Junie agit comme un personnage qui refuse le bonheur par peur qu'il ne soit qu'une
illusion, préférant la solitude de la raison à l'aveuglement de la passion.
Le film est une adaptation moderne et libre du roman classique La Princesse de Clèves
de Madame de La Fayette. Les thèmes centraux de l'œuvre sont :
plus forte que les autresface à la fatalité du temps.
ne plus m'aimer) et le constat froid de l'impossibilité de l'amour éternel. C'est une déclaration d'amour paradoxale, faite à travers le prisme de son renoncement. Elle suscite de la tristesse et de l'admiration pour cette lucidité douloureuse.
Pour la première fois un petit écureuil est venu me manger dans la main, il tire prestement le biscuit et s'en va. J'ai accordé une certaine valeur symbolique à ce fait. La bête, l'être sauvage, l'inconscient s'est rapproché de moi. [...] â–º Lire la suite