Réplique Le fabuleux destin d'Amélie Poulain sur Vie, Eau et Autres

- Vous savez la fille au verre d'eau ? Si elle a l'air un peu à coté c'est peut-être parce qu'elle est en train de penser à quelqu'un.

- Ah, à quelqu'un du tableau ?

- Non, plutôt un garçon qu'elle a croisé ailleurs. Et elle a l'impression qu'ils sont un peu pareil elle et lui.

- Ah autrement dit elle préfère s'imaginer une relation avec quelqu'un d'absent que de créer des liens avec ceux qui sont présent ?

- Non, ou peut-être au contraire elle se met en quatre pour arranger les cafouillages de la vie des autres.

- Et elle ? Les cafouillages de la sienne de vie, qui va s'en occuper ?

- Bah en attendant, mieux vaut s'occuper des autres que d'un nain de jardin.

Explications

Sens littéral de la réplique

La réplique est un dialogue entre Amélie Poulain et Raymond Dufayel, le "peintre-verreux" voisin. Ils observent et commentent le tableau de Renoir, Le Déjeuner des canotiers, et plus particulièrement le personnage de la "fille au verre d'eau" (l'actrice Ellen Andrée dans le tableau).

  • Dufayel suggère que l'air distant de la fille est dû au fait qu'elle pense à quelqu'un d'absent qu'elle a rencontré ailleurs, et avec qui elle se sent connectée.
  • Amélie interprète cela en proposant qu'elle préfère imaginer une relation avec un absent plutôt que d'interagir avec les personnes présentes.
  • Dufayel contredit Amélie en suggérant que c'est l'inverse : cette fille se dévoue à arranger la vie des autres.
  • Amélie s'inquiète alors de qui prendra soin de la vie de cette fille.
  • Dufayel conclut qu'il vaut mieux s'occuper des autres que d'un "nain de jardin", faisant probablement allusion au côté futile et inanimé de ce type de préoccupation personnelle ou domestique.

Sens symbolique ou profond

Ce dialogue est une mise en abyme de la vie et de la psychologie d'Amélie elle-même.

  • La "fille au verre d'eau" symbolise l'observatrice, la rêveuse, celle qui est physiquement présente mais mentalement ailleurs. Elle est un miroir du comportement d'Amélie qui regarde le monde, capte les détails, et préfère agir indirectement sur la vie des autres (les "cafouillages de la vie des autres") plutôt que de s'engager directement dans la sienne.
  • La question de savoir "qui va s'en occuper ?" (de sa propre vie) est la question centrale que le film pose à Amélie.
  • La mention du "nain de jardin", un objet inanimé et domestique, est une métaphore de l'immobilisme, de la stagnation, ou de la focalisation sur des problèmes insignifiants, par opposition à l'action altruiste (même si détournée).

Interprétations possibles

  • L'altruisme comme échappatoire : La réplique peut être vue comme l'explication du mécanisme de défense d'Amélie. En se concentrant à résoudre les problèmes des autres, elle évite de s'attaquer à ses propres peurs et à son propre isolement.
  • La vie imaginaire contre la vie réelle : Le contraste entre le "garçon qu'elle a croisé ailleurs" et les personnes présentes dans le tableau illustre la tension entre le monde intérieur riche et l'engagement extérieur, thème majeur du film.
  • L'éloge de l'action : La conclusion de Dufayel suggère qu'il y a plus de valeur et de dignité à s'occuper activement des autres que de se morfondre dans ses propres petites affaires (le "nain de jardin").

Usage ou référence dans la vie quotidienne

L'expression, bien que spécifique au film, peut être utilisée pour décrire ou faire référence à :

  • Une personne qui est manifestement rêveuse, "dans la lune", ou qui semble être ailleurs lors d'une conversation ou d'un événement (la fille au verre d'eau).
  • Le fait d'avoir tendance à s'investir émotionnellement ou pratiquement dans les problèmes des autres pour éviter de traiter les siens.
  • Le "nain de jardin" peut être utilisé comme une métaphore pour désigner une préoccupation futile, un problème dérisoire, ou l'inactivité.

Morale ou idée à retenir

L'idée principale à retenir est la nécessité de l'équilibre entre l'altruisme et l'attention à soi. S'occuper des autres est noble et gratifiant, mais cela ne doit pas devenir une fuite qui empêche de vivre sa propre vie ou de s'occuper de son propre bonheur. Il y a une mise en garde contre le fait de remplacer son propre engagement par une observation ou une intervention indirecte.

Origine de la réplique

La réplique provient du film français Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (2001), écrit par Jean-Pierre Jeunet et Guillaume Laurant. C'est une œuvre originale de fiction, et la réplique a été créée spécifiquement pour ce dialogue cinématographique.

Contexte de la scène

La scène se déroule dans l'appartement d'Amélie. Elle est en visite chez son voisin, Raymond Dufayel, un peintre atteint de la maladie des os de verre qui ne quitte jamais son domicile et passe son temps à reproduire inlassablement le tableau de Renoir, Le Déjeuner des canotiers. Ce tableau est le seul "lien" qu'il entretient avec le monde extérieur. Amélie et Dufayel ont une relation particulière : elle le surveille et lui l'observe. Le dialogue sert souvent de commentaire philosophique sur les actions d'Amélie, Dufayel jouant le rôle de son mentor ou de son psychanalyste indirect.

Lien avec le personnage

Ce dialogue est au cœur de la quête d'Amélie :

  • Il explicite son mode de vie : elle se met en quatre pour améliorer le sort des autres (le clochard, M. Collignon, Georgette, etc.).
  • Il met en lumière sa problématique : sa propre vie sentimentale et sociale est mise de côté, ce qui est symbolisé par la question "Et elle ? Les cafouillages de la sienne de vie, qui va s'en occuper ?".
  • Il souligne son imagination débordante et son romantisme, visible dans le fait qu'elle s'identifie à la fille qui pense à un absent.

Lien avec le thème du film

Le thème du film est la quête du bonheur et la sortie de l'isolement. Cette réplique aborde directement :

  • Le lien social : Faut-il choisir le lien imaginaire (l'absent) ou le lien réel (les présents) ?
  • L'observation contre l'action : Le film pousse Amélie à cesser d'observer et de manipuler indirectement pour finalement s'engager, en l'occurrence avec Nino Quincampoix.
  • La poésie du quotidien : Le film magnifie les petites actions et les petits mystères de la vie, que ce dialogue, centré sur un détail d'un tableau, illustre parfaitement.

Impact émotionnel ou culturel

Cette réplique, et la scène en général, a un fort impact car elle :

  • Offre une profondeur inattendue à une histoire d'apparence légère en explorant la psychologie du personnage principal.
  • Est une des rares scènes où le comportement d'Amélie est analysé, ce qui permet au spectateur de mieux la comprendre et de s'identifier à ses mécanismes de défense.
  • Elle est souvent citée comme l'un des échanges les plus poétiques et philosophiques du film, contribuant à l'image d'Amélie comme une figure d'altruisme un peu maladroit et rêveur.

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