- D'ailleurs, ne dit-on pas qu'une femme qui éclabousse un homme, c'est un peu comme la rosée d'une matinée de printemps, c'est la promesse d'une belle journée et la perspective d'une soirée enflammée ?
- Quel réveil.
- C'est l'inexpugnable arrogance de votre beauté qui m'asperge.
La réplique s'articule autour d'un échange entre OSS 117 (Hubert Bonisseur de La Bath) et Carlotta. Carlotta s'excuse d'avoir éclaboussé Hubert. Celui-ci répond par une comparaison poétique et exagérée de l'éclaboussure à la « rosée d'une matinée de printemps », y voyant une promesse de « belle journée » et de « soirée enflammée ». Carlotta exprime son étonnement (« Quel réveil »), et Hubert clôture la première partie en affirmant que c'est l'« inexpugnable arrogance de votre beauté » qui l'a « aspergé ».
Symboliquement, l'éclaboussure, un incident banal et embarrassant, est transformée par Hubert en un geste chargé de sensualité et de chance. Il transpose un acte physique involontaire en un signe divin ou une bénédiction. La « rosée » et la « belle journée » symbolisent l'optimisme et la promesse d'un épanouissement, tandis que la « soirée enflammée » fait allusion à la passion amoureuse.
L'« inexpugnable arrogance de votre beauté » est un moyen d'expliquer l'accident : la beauté de Carlotta est si puissante, si « arrogante » dans son existence même, qu'elle est la cause mystique de l'éclaboussure.
L'interprétation principale réside dans le comique de décalage.
La Galanterie Absurde : Hubert utilise une rhétorique excessivement fleurie et désuète pour transformer une maladresse en une flatterie ultime. Il s'agit d'une tentative de séduction à la fois maladroite et séduisante dans son absurdité.
L'Égo du Séducteur : En attribuant l'éclaboussure à l'« inexpugnable arrogance » de la beauté de Carlotta, il se pose en victime consentante de cette beauté. Il se présente comme un homme pour qui la rencontre est un événement cosmique, un trait caractéristique de son égo surdimensionné.
La Satire des Dialogues de Films d'Espionnage : La réplique parodie les dialogues souvent ampoulés et les métaphores érotiques des films d'espionnage et des romans d'aventure des années 50/60, dont OSS 117 est une satire.
Cette réplique est principalement utilisée dans la vie quotidienne pour l'humour et la référence culturelle :
L'idée à retenir est celle de l'optimisme décalé et de l'art de la flatterie excessive.
La réplique est issue du film OSS 117 : Rio Ne Répond Plus, sorti en 2009. Elle a été écrite par le réalisateur et scénariste Michel Hazanavicius, dans la continuité du ton satirique et anachronique du premier opus, OSS 117 : Le Caire, Nid d'Espions.
Elle n'est pas une citation préexistante, mais une création originale qui parodie le style grandiloquent des romans et films d'espionnage d'antan.
La scène se déroule au début du film, à Rio de Janeiro. OSS 117, incarné par Jean Dujardin, vient de rencontrer l'agent du Mossad Carlotta (Louise Monot). Elle est encore dans le rôle de la femme maladroite et innocente qu'elle cherche à jouer pour mieux l'approcher.
Carlotta feint la maladresse en l'éclaboussant (probablement avec une boisson) pour établir un premier contact physique et créer une situation intime. Hubert répond de manière excessive et immédiate, révélant son caractère de séducteur incorrigible et prétentieux, tout en tombant droit dans le piège de Carlotta.
Cette réplique est une parfaite illustration du personnage d'Hubert Bonisseur de La Bath :
Le film est une satire du film d'espionnage et des préjugés de l'époque. Cette réplique contribue au thème général de la satire de la masculinité de l'agent secret des années 60, souvent représenté comme un homme à femmes aux formules ciselées.
Elle met également en lumière, par le contraste avec la ruse de Carlotta, l'aveuglement et la naïveté d'Hubert face à la complexité des situations et des relations humaines. Il est un agent efficace mais un homme socialement inadapté et superficiel.
L'impact de cette réplique est principalement l'hilarité. Elle est devenue l'une des phrases cultes du film, régulièrement citée dans le langage courant pour son caractère grandiloquent et son comique de situation.