Construire des prisons est sans doute nécessaire, mais construire des logements en repensant à l'intérieur des cités tout ce qui fait la cohésion sociale, c'est plus urgent.
Les femmes préfèrent la brutalité à l'ironie. Le brutal se met nettement dans son tort à leur égard ; l'ironiste les met en méfiance vis-à-vis d'elles-mêmes et cela ne pardonne pas.
Aimer, c'est vivre dangereusement. L'Italien de la Renaissance risquait naturellement l'amour, comme il risquait le poison ou le coup de dague; il savait aimer avec audace, méfiance et secret.
Mieux vaut construire un pont qu'un mur.
L'ensemble de mes premiers essais me conduisit à reconnaître que cette opération sociale exigeait d'abord un travail intellectuel, sans lequel on ne pourrait solidement établir la doctrine destinée à terminer la révolution occidentale.
Une fois authentique se trouve rarement. À la place on trouve le doute et l'indifférence, au point qu'on pourrait désespérer de notre peuple.
Face à la frilosité ambiante, notre crainte est d'être trop prudents, trop raisonnables.
La crainte et l'amour ne mangent pas au même plat.
Une nation qui continue année après année à dépenser plus d'argent pour la défense militaire que pour des programmes d'élévation sociale s'approche de sa perte spirituelle.
Je déteste les vacances. Pourquoi rester assis sur la plage si l'on peut employer ses journées à construire des immeubles.
La meilleure manière de connaître et de détruire un ennemi, c'est de feindre de devenir son ami.
On croit au sang qui coule, et l'on doute des pleurs.
Quand j'ai tourné autour de la Terre dans un vaisseau spatial, j'ai vu pour la première fois à quel point notre planète est belle. Préservons et augmentons cette beauté sans la détruire !
Le seul moyen de ne détruire aucune parcelle de vie serait de ne pas exister, ce qui est tout de même gênant pour qui veut profiter de la vie.
Il ne fait aucun doute que les dauphins sont plus intelligents que les humains car ils jouent davantage.
L'amour est possible entre les mortels. La guerre des sexes est une illusion sociale imposée. Nous sommes en guerre, oui, mais contre ce pouvoir de destruction et de haine.
La télévision devient l'arbitre de l'accès à l'existence sociale et politique.
Il faut sans doute payer le prix de ses amours comme on paie celui de ses ambitions.
Vérité sociale profonde : il n'y a d'accroissement de la force d'un pays, que si les efforts des générations s'additionnent.
Si le bonheur extérieur n'est que hasard, le bonheur intérieur tu dois le construire toi-même.
Ce qu'on nomme bénéfice d'un exercice social est un chiffre arbitraire à l'intérieur d'un domaine limité inférieurement par la crainte de l'Assemblée générale et supérieurement par la cranite de la correctionnelle.
L'honneur est la morale de l'égocentrisme.
L'amour de la justice n'est pour la plupart des hommes que la crainte de souffrir l'injustice.
Le mysticisme est le refuge classique de ceux qui se mettent en doute et n'arrivent plus à supporter le matérialisme ambiant.
Il ne fait aucun doute que nous vivons à une époque d'avancées technologiques sans précédent, et parfois terrifiantes, où la rapidité des avancées dépasse souvent les considérations éthiques nécessaires.
Personne n'est à l'abri d'une sorte d'obésité morale : il est nécessaire de se faire transpirer l'âme.
La morale n'aurait-elle pas son origine dans l'erreur ?
N'est-ce pas souvent l'improbabilité seule de la coïncidence qui entraîne la certitude, la conviction, et efface la part de doute qui devrait rester ?
Il n'est sans doute pas facile, même pour le créateur lui-même dans l'intimité de son expérience, de discerner ce qui sépare l'artiste raté, bohème qui prolonge sa révolte adolescente au-delà de la limite socialement assignée, de l'"artiste maudit", victime provisoire de la réaction suscitée par la révolution symbolique qu'il opère.
La puissance militaire remporte des batailles, la force morale remporte les guerres.
La religion sans la conscience morale n'est qu'un culte superstitieux.