Tous les bons mots qui naissent m'étaient prêtés. Alors, à la fin, je les ai pris et ne les ai pas rendus.
Ainsi pris fin l'épisode le plus glorieux de la Campagne de Russie. Glorieux mon cul. C'est de l'assassinat, oui. Le Génie en particuliers et les pontonniers se couvrivrent de gloire. De merde oui.
Ma jeunesse est finie Ma jeunesse est partie Je reste sur le cul avec quarante ans d'âge J'ai pris le pucelage de la maturité.
Cette femme est honnête : depuis qu'elle a pris des amants, elle ne les a jamais trompés avec son mari.
Enfants, oyez une leçon : notre langue a cette façon, que le terme qui va devant, volontiers régit le suivant.
L'acte n'est pas limité et multiplié que s'il est reçu dans une puissance.
Une constatation importante : jusqu'ici, l'Inconnue n'a pas dit un mot de ses éventuelles prétentions. L'affaire n'a pris son essor qu'en-dehors d'elle, on pourrait dire : malgré elle.
On a pris la fâcheuse habitude de croire que, là où il y a des sons musicaux, il y a nécessairement de la musique. Autant dire qu'il y a littérature partout où l'on bavarde, peinture partout où l'on barbouille.
Le commencement de la colère est la folie, la fin en est le repentir.
La violence n'est pas un moyen parmi d'autres d'atteindre la fin, mais le choix délibéré d'atteindre la fin par n'importe quel moyen.
Je dois être pris comme j'ai été fait. Le succès n'est pas le mien, l'échec n'est pas le mien, mais les deux ensemble me font.
Les mots peuvent assassiner tout autant que les armes.
La guerre est une violence en action, et son usage n'est limité par rien ; chacun des adversaires impose à l'autre sa loi, d'où découle une interaction qui ne peut manquer, conformément à l'essence du sujet, de mener aux extrêmes.
On appelle mots les idées dont on ne veut pas.
Le paradoxe du travail, c'est que l'on ne travaille, en fin de compte, que pour le supprimer.
La douleur, ça ne s'exprime pas toujours avec des mots nobles. Ça peut sortir par de petites plaisanteries tristes, petites vieilles grimaçant aux fenêtres mortes de mes yeux.
La musique prend la place des mots lorsque les gens ne savent pas quoi dire, et je pense que la musique peut être plus éloquente que les mots.
Des fois je me dis que je ne suis pas née dans le bon sens ; genre je suis sortie de ma mère à l'envers et les mots que j'entends, je les entends à l'envers. Les gens que je devrais aimer je les hais ; et les gens que je hais...
L'habitude est une somnolence, ou tout au moins un affaiblissement de la conscience du temps.
La synthèse du monde peut se résumer en ces deux mots : oui et non.
En terme de préhistoire, on parle de l'âge de pierre, de l'âge du fer, de l'âge du bronze. En survolant toute l'histoire de l'humanité, ne devrait-on pas parler de l'âge du bois, du charbon, du pétrole ou de l'atome ?
Non seulement la fin ne justifie pas les moyens, mais des moyens immoraux entachent la fin elle-même.
Dans les affaires du monde, l'honnête homme est sans parti pris : il se range à ce qui est juste.
Non plus toi, non plus moi, mots que l'amour corrige : mais nous... sans fin et sans retour !
Il faut mâcher les mots plus qu'un morceau de pain.
Croire encore en la possibilité d'une fin heureuse est une chose très puissante.
Les mots inspirent.
Beaucoup d'entre nous mourront ainsi sans jamais être nés à leur humanité, ayant confiné leurs systèmes associatifs à l'innovation marchande, en couvrant de mots la nudité simpliste de leur inconscient dominateur.
La langue est un théâtre dont les mots sont les acteurs.
Finalement l'adolescence se vit à la fois comme un exil et comme une initiation au terme de cet exil.
J'essaie d'appliquer des couleurs comme des mots qui façonnent des poèmes, comme des notes qui façonnent de la musique.