L'érudition, c'est la mémoire et la mémoire, c'est l'imagination.
La musique est un monde en soi, avec un langage que nous comprenons tous.
La nature du roman est l'infini.
La bêtise des gens consiste à avoir une réponse à tout. La sagesse d'un roman consiste à avoir une question à tout.
Vivre sans mémoire est une expérience inoubliable.
L'expérience est la mémoire de beaucoup de choses.
On joue avec le langage comme un enfant joue aux cubes. Mais aux cubes, impossible de faire quelque chose de nouveau : on ne peut construire que des figures fixes quelle que soit la manière dont on les dispose.
Il est une bonne chose de lire des livres de citations, car les citations lorsqu'elles sont gravées dans la mémoire vous donnent de bonnes pensées.
La lutte de l'homme contre le pouvoir, c'est la lutte de la mémoire contre l'oubli.
Le roman est un genre faux, parce qu'il décrit les passions pour elles-mêmes : la conclusion morale est absente.
C'est dans et par le langage que l'homme se constitue comme sujet.
La musique est infinie. Elle est le langage de l'âme.
Quelle pitoyable hypocrisie de dire : elle vivra toujours dans ma mémoire ! VIVRE ? C'est précisément ce qu'elle ne fera plus.
La mémoire est la faculté qui veut se souvenir.
Le songe est peut-être à l'être humain ce que les cavernes sont à la terre : le refuge d'une mémoire qui s'invente au fur et à mesure.
Toute forme de langage devrait être reconnue et libre d'exister sans ironie.
La civilisation, ici, n'est qu'une simple répétition de la mémoire et des moeurs.
La mémoire met des draps blancs aux lits qui ne serviront plus.
Dès qu'on parle une langue étrangère, les expressions du visage, des mains, le langage du corps changent. On est déjà quelqu'un d'autre.
Les Hobbits ne sont que des Anglais rustiques, de petite taille car cela reflète la portée généralement restreinte de leur imagination - et non la petite portée de leur courage ou de leur pouvoir latent.
La mémoire est chose plus dangereuse que l'imagination.
Seuls les enfants jouissent du présent ; leurs aînés vivent soit de la mémoire du passé, soit de l'espoir de l'avenir.
Le roman ce n'est jamais qu'une maquette d'après laquelle il nous est proposé d'imaginer la même chose grandeur nature.
Ma mémoire de goût, très clairement, elle vient du Sud-Ouest.
Vous êtes tous les mêmes, vous autres les réalistes : quand vous ne savez plus que dire, c'est le langage des idéalistes que vous empruntez.
La lecture encombre la mémoire et empêche de penser.
Rancune : cette érudition de la colère.
Un roman commence par un coup de dés.
La musique n'a pour ainsi dire point de réalité ; elle n'imite pas, elle exprime. La musique est à la fois une science comme l'algèbre, et un langage psychologique auquel les habitudes poétiques peuvent seules faire trouver un sens.
Le silence est l'aboutissement suprême du langage et de la conscience.
Vous avez eu l'indulgence de faire allusion concernant mes livres à «l'art de la mémoire avec lequel sont évoquées les destinées humaines les plus insaisissables.» Mais ce compliment dépasse ma personne.