C'est pour faire exister ce qui n'existe pas qu'il faut sans cesse de nouveaux écrivains !
On ne vit pas uniquement du passé. On est souvent plus malheureux de ne pouvoir jouir de l'instant qui passe que de se remémorer sans cesse les regrets des jours enfuis.
La condition des pauvres donne moins d'inquiétude que celle des riches. Ceux-ci doivent craindre, au lieu que les autres n'ont qu'à espérer.
La littérature est un métier où il faut sans cesse recommencer la preuve qu'on a du talent pour des gens qui n'en ont aucun.
Votre enfant devient adolescent lorsqu'il cesse de demander d'où il vient et qu'il ne dit plus où il va.
Oui, la vérité éthique est commune. La lecture de la Bible, même si elle est diverse, exprime dans sa diversité ce que chaque personne apporte à la Bible. La condition subjective de la lecture est nécessaire à la lecture du prophétique.
Les écrivains à l'humeur aigre utilisent généralement un stylo à bile.
C'est la force des dirigeants modernes d'avoir compris que la religion ayant cessé d'être l'opium du peuple, la loterie qui pour un investissement modique permet l'égalité des chances, pouvait constituer une drogue de substitution.
La solitude est l'élément déterminant de la condition humaine, l'Homme est la seul créature qui se rend compte qu'il est seul.
Les arcanes de notre mémoire sont comme d'immenses souterrains où la lumière de l'esprit ne pénètre jamais mieux que lorsqu'elle a cessé de briller au-dehors.
Si ténus et si vagues que soient nos rapports avec autrui, on réalise par la suite l'erreur qui nous ferme une porte.
Il faut que soient préservés des pans entiers du monde à l'écart du mouvement précipité de l'histoire. Que les gens vivent en marge, au bon sens du terme. On peut être très heureux au bord du chemin. A condition de n'y être pas seul, de faire bloc.
Il existe de nombreuses routes vers le succès, mais une seule route sûre vers l'échec ; et c'est d'essayer de plaire à tout le monde.
L'amour, tel qu'il existe dans la société, n'est que l'échange de deux fantaisies et le contact de deux épidermes.
Il existe infiniment plus d'hommes qui acceptent la civilisation en hypocrites que d'hommes vraiment et réellement civilisés.
Je crois que l'on apprend et que l'on progresse sans arrêt. Nous sommes sans cesse mis à l'épreuve.
Les poètes travaillent la nuitquand le temps ne les presse plus,quand se tait la rumeur de la fouleet que cesse le lynchage des heures.
C'est un des traits fondamentaux des sociétés occidentales que les rapports de force qui pendant longtemps avaient trouvé dans la guerre, dans toutes les formes de guerre, leur expression principale, se sont petit à petit investis dans l'ordre du pouvoir politique.
Il est très doux de scandaliser : il existe là un petit triomphe pour l'orgueil qui n'est nullement à dédaigner.
Il existe des gens qui croient que tout ce qui se dit avec un visage sérieux est raisonnable.
Ce n'est pas par le génie mais par la souffrance, par elle seule, qu'on cesse d'être une marionnette.
L'amour ne doit ni mendier ni exiger. L'amour doit être assez fort pour trouver la certitude en lui-même. Il cesse alors d'être déplacé et devient le moteur.
S'il existe un enfer en ce monde, il se trouve dans le coeur d'un homme mélancolique.
Les grands artistes et les grands écrivains d'autrefois (d'hier encore) ont toujours pris leur point d'appui, leur modèle, leur référence, dans le passé. Ce sont les ignorants et les primaires qui ont fait courir le bruit que le passé était l'ennemi de la
L'amitié est indispensable à l'homme pour le bon fonctionnement de sa mémoire. Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c'est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l'intégrité de son moi.
Tout pouvoir abuse. Le pouvoir absolu abuse absolument.
L'amour existe d'autant plus que son objet imaginé existe moins.
Un secret qu'on est vraiment seul à détenir, un tel secret rendrait malades les plus robustes, et on peut même se demander s'il existe une conscience assez intrépide pour supporter ce tête-à-tête, sans en mourir.
L'expression "mort naturelle" est charmante. Elle laisse supposer qu'il existe une mort surnaturelle, voire une mort contre nature.
Le plat du jour c'est bien, à condition de savoir à quel jour remonte sa préparation.
J'ai beau mourir, l'univers continue. Cela ne me console pas si je suis autre que l'univers. Mais si l'univers est à mon âme comme un autre corps, ma mort cesse d'avoir pour moi plus d'importance que celle d'un inconnu.