Si la solitude sépare, elle tranche bien des liens qu'on ne coupe qu'à regret, mais elle permet de plonger des racines dans ce qui est essentiel.
Une joie partagée est une double joie, un chagrin partagé est un demi-chagrin.
La solitude est comme le feu : on s'approche et l'on se réchauffe ; on s'approche un peu plus et l'on se brûle.
J'ai peine à concevoir que le ciel vous envoie des sujets de chagrin dans la commune joie.
La solitude rend sensible, non étranger à autrui.
Le grand homme est comme l'aigle ; plus il s'élève, moins il est visible, et il est puni de sa grandeur par la solitude de l'âme.
L'isolement n'est pas la solitude absolue, qui est cosmique ; l'autre solitude, la petite solitude n'est que sociale.
Aucun souvenir dans notre mémoire ne nous laisse moins de satisfaction qu'une tentation à laquelle nous avons résisté.
Le mot "connerie" a dérivé loin de ses racines physiologiques et il a plus de force que le mot "bêtise" ou "stupidité". Mais juger de la connerie des autres supposerait qu'on est soi-même dénué de toute connerie. Donc, son usage doit inciter à l'auto-examen préalable.
Etes-vous ce qu'on appelle un heureux ? Eh bien, vous êtes triste tous les jours. Chaque jour a son grand chagrin ou son petit souci.
L'amour, une fois qu'il a germé, donne des racines qui ne finissent plus de croître.
Jouis toujours du présent avec discernement, ainsi le passé te sera un beau souvenir et l'avenir ne sera pas un épouvantail.
J'écris de moins en moins mon chagrin mais en un sens il est plus fort, passé au rang de l'éternel, depuis que je ne l'écris plus.
Je n'ai pas peur ! Je veux avoir peur ! Je veux avoir mal ! Je veux me souvenir ! Je n'ai pas peur !
J'ai tant reçu de la vie, de joie, de tendresse, de plaisir, d'amitié, de bonheur, de savoir, que ma seule angoisse est de n'avoir pas su donner assez avant de m'endormir...
D'être hanté par mes vieilles obsessions, cela me rassure. Mieux vaut un cauchemar apprivoisé que la blessure à vif d'un souvenir récent.
Le XXème siècle est la peau de chagrin de l'homme occidental qui aura vu rétrécir son empire terrestre et familial au rythme de ses désirs d'universalité.
Le marxisme est le soupir de la créature accablée, l'âme du monde sans âme, de même qu'il est l'esprit d'un monde sans esprit. Il est l'opium du peuple.
Dans certains cimetières américains, certains défunts demandent que l'on plante un arbre sur leur tombe. Sans doute ces gens pensent-ils qu'ils ne mourront pas tout à fait si leur ADN passe dans l'arbre dont les racines vont s'enfoncer dans la tombe, proliférer, faire des rejetons... Le fantasme de l'immortalité revisité par la science !
L'étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts, n'ayant jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture ne m'ait ôté.
Dans les grandes émotions, la solitude est parfois salutaire.
Le chagrin ne nourrit pas, mais fait grossir.
Que l'ignorant apprenne, et que l'homme d'esprit Aime à se souvenir des choses qu'il a apprit.
En chacun de nous, il y a un regret qui veille. Le mien s'appelle David. Pour d'autres, il n'a que le nom d'une fuite sans retour.
Un ennui est quelqu'un qui vous prive de solitude sans vous fournir de compagnie.
Je veux m'en souvenir : ma vie connut des jours d'innocence où il me suffisait de fermer les yeux pour ne pas voir.
Notre durée est irréversible. Nous ne saurions en revivre une parcelle, car il faudrait commencer par effacer le souvenir de tout ce qui a suivi.
La solitude est souvent plus aigüe à deux que seul.
Le souvenir est l'espérance renversée. On regarde le fond du puits comme on a regardé le sommet de la tour.
Voyager, c'est changer son chagrin d'eau.
Aux heures creuses de la journée, au retour du bureau, et souvent dans la solitude des dimanches soir, un détail me revient. De toute mon attention, j'essaye d'en rassembler d'autres et de les noter à la fin du cahier de [...] â–º Lire la suite