Comme la plupart des Chinois, je suis fondamentalement fataliste : trop sophistiqué pour la religion et trop supersticieux pour nier l'existence des dieux.
Le Dieu des chrétiens est un père qui fait grand cas de ses pommes, et fort peu de ses enfants.
Tous les jeunes gens, jeunes hommes et jeunes femmes, enfants de riche ou de pauvre, seront traités sur un pied d'égalité : fils de bourgeois, fille des quartiers, peu importe leur religion mais tous d'abord français et passionnément au service de la France.
Les individus ne reconnaissent un Dieu au-dessus d'eux que pour posséder en lui un espace infini où ils puissent étendre et étaler dans l'éternité leur individualité bornée, particulière, pitoyable...
La foi transporte les montagnes. C'est vrai. La raison les laisse où elles sont. C'est mieux.
Il n'est si bon conseil pour trouver Dieu que de laisser Dieu. Que l'homme aille loin ou près, Dieu ne va jamais loin, il demeure toujours proche.
Là où Dieu a son Eglise, le Diable a sa chapelle.
Si on a le bon Dieu avec soi, les inspirations se cristallisent en créations heureuses. Si c'est le contraire, ça ne devient plus que de l'effort et de l'agitation stériles.
Combien avaient raison les Anciens qui n'avaient qu'un même dieu pour les marchands et les voleurs.
Dieu a permis, pour punir l'homme du péché originel, qu'il se fît un dieu de son amour-propre pour en être tourmenté dans toutes les actions de sa vie.
Il vaut mieux prier Dieu que ses saints.
Mais si le diable parle parfois, dieu se tait, toujours. Il faut trouver les réponses seul.
Aucun péché n'est anodin. Il est commis contre un dieu infini, et peut avoir de graves conséquences. Aucun grain de sable n'est insignifiant dans le mécanisme d'une montre.
Je préfère vivre ma vie comme s'il y avait un Dieu et mourir pour découvrir qu'il n'y en avait pas, que vivre comme s'il n'y en avait pas et mourir pour découvrir qu'il y en avait un.
La foi soulève des montagnes mais les laisse joyeusement retomber sur la tête de ceux qui ne l'ont pas.
Chez nous, la gastronomie est vraiment une religion dans le grand et noble sens latin de ce mot reliogio, c'est-à-dire : un lien entre les hommes.
La religion est comme un couteau : on peut soit s'en servir pour couper du pain, soit planter dans le dos de quelqu'un.
Il est plus facile de perdre la foi que de la retrouver.
J'ai une relation spéciale avec Dieu. Et quand je prends la bonne photo, Dieu me donne un petit bing ! dans la caméra. Et puis je sais que je suis sur la bonne voie.
La religion participe souvent du mythe du progrès qui nous protège des terreurs d'un futur incertain.
Il y a un proverbe chinois qui ne dit rien. Il m'arrive de le citer quand je n'ai rien à dire...
Le cadeau de Dieu à ses créatures endeuillées est une joie digne de leur destin.
Les opprimés ne doivent jamais laisser leur conscience s'endormir. La religion rappelle à chaque homme qu'il est le gardien de son frère.
Toutes les femmes sont belles et méchantes et cruelles : que Dieu leur pardonne d'avoir brisé des hommes.
Quiconque ne touche pas à un dieu n'est pas exposé à sa vengeance.
La conscience, c'est Dieu présent dans l'homme.
Palsambleu, morbleu, ventrebleu, jarnibleu ! Dieu aussi a eu son époque bleue.
C'est tout ce que je pense de la religion : quand au départ on n'est pas quelqu'un de bien, ça vous rend deux fois pire. On se repent, on se croit pur et, grâce à la bonne conscience, on retombe encore plus bas.
L'indigestion a été inventée par le bon Dieu pour faire la morale aux estomacs.
De Dieu nous attendons des preuves de son existence, or il ne nous donne que des preuves de son amour.
Bien que Dieu soit tout-puissant, il n'envoie pas la pluie quand le ciel est bleu.