L'habitude est d'abord comme un fil d'araignée : une fois prise, elle est plus solide qu'une corde.
La tradition n'est pas une vieille habitude ; elle rassure.
Les gens s'interessent à l'art parce que c'est la seule trace de notre passage sur terre.
À force de prendre tout le monde pour des cons, quand vous traversez un passage difficile, vous n'avez plus grand monde à vos côtés.
Le plus grand danger que courent les gens qui sont habituellement un peu fous, c'est de le devenir tout à fait par instants.
Sur la voie de la réalisation, apprendre à connaître ses émotions, à les gérer et à les canaliser n'est pas ce qu'il y a de plus aisé, mais c'est cependant un passage obligé.
La seule habitude qu'on doit laisser prendre à l'enfant est de n'en contracter aucune.
Le langage populaire, avec son radotage obsessionnel, sa pauvreté de vocabulaire, sa manie fastidieuse d'énumérer des détails superflus, sa dépendance du concret, voilà d'où surgit soudain la poésie sans crier gare.
Marchons en bavardant avec Cioran rue de l'Amertume, pour nous rendre place de la Déception, et finir ensuite dans le jardin de la Tristesse. Là, ça ira mieux : on pourra commencer à vraiment comprendre ce qui nous arrive, et passer à autre chose : emprunter le passage de l'Acceptation, nous balader avenue de l'Action.
Le bonheur est une habitude à cultiver.
En ce qui concerne le passage dans le nouveau millénaire, c'est comme de franchir une frontière en fraude pour déboucher dans un pays inconnu, sans avoir de carte de séjour.
Les grands actes d'amour sont accomplis par ceux qui accomplissent habituellement de petits actes de bonté.
Je suis habituellement attirée par le type "dur à attraper".
La manie de la justification est commune à ceux qui n'ont pas la conscience tranquille comme à ceux qui cherchent des raisons philosophiques à leurs actes ; dans les deux cas cela mène à une étrange forme de pensée. L'idée n'est pas spontanée, mais voulue.
C'est étonnant, cette manie des gens qui ont réussi à Paris de conseiller aux autres de rester en province !
La déclaration d'amour est le passage du hasard au destin, et c'est pourquoi elle est si périlleuse.
Vie : passage sur terre. Mort : passage sous terre.
Je rêve de vastes chiotes, impeccablement entretenues, avec des robinets plaqués or, du marbre blanc immaculé, un siège en ébène, une cuvette pleine de Channel nº5. Et un larbin qui me tend un rouleau de PQ en soie sauvage, mais vu l'urgence, j'irais n'importe où.
L'échec n'est pas amusant. Ça peut être affreux. Mais vivre si prudemment que vous n'échouerez jamais est pire.
Le passage au troisième millénaire m'a toujours paru une simple opération publicitaire.
Il n'y a rien de plus irritant que les choses dont on ne peut saisir la nature. Elles mettent au défi notre manie de tout nommer, de tout ranger par catégories précises.
Les mots sont des planches jetées sur un abîme, avec lesquels on traverse l'espace d'une pensée, et qui souffrent le passage et non point la station.
Le pire ennemi du marin, ce n'est pas la tempête qui fait rage ; ce n'est pas la vague écumante qui s'abat sur le pont, emportant tout sur son passage ; ce n'est pas le récif perfide caché à fleur [...] â–º Lire la suite
La longue habitude de vivre ne nous prédispose pas à mourir.
L'argent ressemble à l'hôte de passage : aujourd'hui il arrive, demain il n'est plus là.
Si les voitures veulent se suicider, ça les regarde. Mais je ne comprends pas cette manie de vouloir le faire lorsqu'elles ont des gens à bord.
Le passage clouté est le haut lieu de la tendresse municipale.
La plus belle chose qui puisse consoler de la vie, c'est l'amitié. Seule elle justifierait notre passage sur la machine ronde.
Qu'est-ce que créer sinon tenter désespérément de laisser une trace de son passage sur terre ?
Les faux amis sont des oiseaux de passage qui viennent à la belle saison, et s'en vont à la mauvaise.
Il n'y a que les usuriers pour jouir du passage du temps.