Un savant est un homme qui sait beaucoup de choses qu'il faudrait connaître mieux que lui pour savoir s'il n'est pas un âne.
Comme les hommes ne se dégoûtent point du vice, il ne faut pas aussi se lasser de leur reprocher.
Sans égocentrisme il n'y a pas de littérature, mais sans ouverture vers les autres non plus.
Tout philosophe a deux philosophies, la sienne et celle de Spinoza.
Il y a dans la mise en scène d'un bon repas autre chose que l'exercice d'un code mondain ; il rôde autour de la table une vague pulsion scopique : on regarde (on guette ?) sur l'autre les effets de la nourriture.
Le talent ne suffit pas, il faut lui annexer le temps et l'argent.
Avec une femme, il est impossible de communiquer sans toucher.
L'exigence d'une union étroite entre parole et action, en vue du bien commun de l'humanité, doit être plus forte chaque jour.
Je ne contredis pas Monsieur le député lorsqu'une vérité lui échappe de temps à autres.
W.C. Fields disait : « Quelqu'un qui n'aime pas les enfants ne peut pas être tout à fait mauvais ». Je ne sais pas si Monsieur Fields a raison. Tout ce que je sais c'est que le bon Dieu l'a puni en lui donnant un nom de chiottes. C'est bien fait.
Lorsqu'un homme ne forme pas de liaisons, il passe pour n'y avoir point songé ; mais une femme à qui nul ne s'attacherait semblerait avoir échoué de toute part.
- Qu'est-ce que tu comptes faire pour lui ? - Bah... je sais pas... sûrement un truc bête. - D'accord mais c'est déjà fait ça, je te signale. - Alors sûrement un truc dingue ! - Ça, c'est plus intéressant !
Il n'y a pas de fatalité extérieure. Mais il y a une fatalité intérieure : vient une minute où l'on se découvre vulnérable ; alors les fautes vous attirent comme un vertige.
Derrière les combinaisons du capital et du travail, derrière les mutations technologiques et sociales, derrière les structures de l'échange et les jeux de la conjoncture, il y a, il y a toujours eu, il y aura toujours, les décisions ou les renoncements des hommes, leur énergie ou leur passivité, leur imagination ou leur immobilisme.
La science fait les esprits clairs, lui répondait-on, et les livres ouvrent l'intelligence de l'homme au ciel et à la terre.
Le vrai est trop simple, il faut y arriver toujours par le compliqué.
Là où la volonté de puissance fait défaut, il y a déclin.
Ce n'est pas en courant derrière l'âme d'un enfant que vous la capturerez. Il suffit de rester immobile pour qu'elle vienne d'elle-même, par amour.
L'amour véritable, il est comme le soleil dans le ciel, on ne sait pas à quoi il tient.
Le temps, dans sa lutte contre l'homme, joue avec lui, et quand il s'ennuie, il le tue.
L'argent n'a point de coeur, n'a point de race ; mais il y a des coeurs qui ne battent que pour lui, et des peuples qui règnent par sa surabondance.
Un grand penseur est toujours des plus réservés quant à la valeur des vérités qu'il suggère, alors qu'un philosophe médiocre se reconnaît, entre autres choses, à ceci qu'il demeure toujours persuadé de la vérité des inepties qu'il énonce.
La passion amoureuse est une manière d'entrer en résonance avec l'autre, corps et âme, et avec lui ou elle seuls. Nous sommes en deçà et au-delà de la philosophie.
Celui qui n'a pas traversé le désert ne sait pas qui il est.
Noël célèbre la naissance de Jésus Christ, fils de Dieu, venu sur terre pour effacer les péchés du monde, mais il avait oublié sa gomme.
Vous pouvez toujours parler de quelqu'un par la façon dont il a mis la main sur un animal.
Mozart n'a jamais rien composé, jamais! Il a copié ce qui était écrit sur son âme.
Lorsqu'on s'est fait peindre par un peintre célèbre, il ne reste qu'une ressource : ressembler à son portrait.
Lorsqu'une femme ne vit pas suffisamment avec son corps, le corps finit par lui apparaître comme un ennemi.
Car il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d'une chose ; cette universalité est la plus belle.
Il y a la vie, ses coups du sort, ses joies, sa brutalité, son absurdité et son sens, son injustice et sa beauté, ses délices, ses mystères, ses récompenses, il y a la vie et ce que nous en faisons.