Les femmes ont trop d'imagination et de sensibilité pour avoir beaucoup de logique.
Le romantisme est un état d'âme ; le classicisme, un état d'esprit.
Ce n'est pas la réalité qui compte dans un film, mais ce que l'imagination peut en faire.
La lutte de l'homme contre le pouvoir, c'est la lutte de la mémoire contre l'oubli.
Même chez les jaloux, l'instinct de conservation est tel qu'il leur fait préférer, en fin de compte, l'image de la réalité qu'on leur présente à celle qu'ils devinent et redoutent de voir confirmer.
Sortir des limites de notre sensibilité et de notre vision mentale, et atteindre à une liberté plus vaste, telle est la signification de l'immortalité.
L'espoir est une mémoire qui désire.
Du romantisme et de sa haine du conforme datent deux choses : le rêve d'immortalité a été remplacé par celui de la postérité, reconnaissance tardive des artistes maudits, lequel est éclipsé de nos jours par la notoriété, à savoir la dilatation de soi sur tous les réseaux et médias comme ego visible et flottant.
Le mystère est dans cette vie, la réalité dans l'autre.
Vous avez eu l'indulgence de faire allusion concernant mes livres à «l'art de la mémoire avec lequel sont évoquées les destinées humaines les plus insaisissables.» Mais ce compliment dépasse ma personne.
La colère est meilleure. Il y a un sentiment de colère. Une réalité et une présence. Une prise de conscience de la valeur. C'est une belle poussée.
L'intelligence met déjà à l'écart. Mais si la sensibilité s'y ajoute, alors là, c'est la solitude complète.
Je suis distrait. Je n'ai de mémoire que dans le coeur.
Beaucoup de choses que nous considérions comme des lois naturelles sont en réalité des conventions purement humaines.
La réalité est-elle plus entière dans le geste que l'on pose ou dans celui que l'on retient ?
Ce n'est pas la réalité qui est vulgaire, c'est l'idéal.
La jeunesse heureuse est une invention de vieillards.
La mémoire est préférable à un grand amas de livres.
La réalité n'a pas besoin de prouver qu'elle existe. Quand on l'oublie, elle se contente de faire mal.
Qu'importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m'a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ?
Tout le monde est critique littéraire, de nos jours. Si on n'aime pas un livre, on menace l'auteur. Il y a une certaine logique dans cette façon de voir. Faire payer ce salaud pour ce qu'il vous a infligé.
La seule fonction de la mémoire est de nous aider à regretter.
La poésie est mémoire, mémoire de l'intensité perdue.
La mémoire de l'amour est la plus trompeuse qui soit, c'est la seule qui ne sait pas se rappeler.
Une oeuvre littéraire peut agir sur la réalité même qui lui a donné naissance.
La mémoire est l'avenir du passé.
Le présent, nous y sommes attachés. L'avenir, nous le fabriquons dans notre imagination. Seul le passé, quand nous ne le refabriquons pas, est réalité pure.
Le bonheur ? Probablement une invention pour les hommes...
Si croire en la réalité d'une abondance planétaire et individuelle est un acte de foi, il n'en est sûrement pas moins un acte de foi de croire en la valeur des billets verts que nous utilisons tous les jours.
Quelle admirable invention du diable que les rapports sociaux !
Il y a un équilibre dans ma vie, il y a la réalité et il y a la partie qui a l'air vraiment glamour, mais nous ne sommes tous que des personnes à la fin.