Pour la plupart, les hommes violents savent « donner d'eux-mêmes à l'extérieur du cercle familial une image tout à fait respectable ». Souvent, « la violence au sein d'un couple n'est pas même soupçonnée par les proches et les amis » ou, lorsqu'elle l'est, « son ampleur est presque toujours minimisée, volontairement ou non ». Et encore : « La violence n'est jamais causée uniquement par la consommation d'alcool, de drogues ou par le stress. L'homme qui a des comportements violents choisit d'en avoir, et il est toujours responsable de ses comportements."
Sens de la citation
Cette citation d'Alexandra Lange met en lumière une réalité complexe et souvent cachée de la violence conjugale. Le message principal est double : d'une part, les auteurs de violence savent parfaitement dissimuler leur comportement à l'extérieur du foyer, projetant une image respectable; d'autre part, la violence est un choix délibéré de l'agresseur, qui en est l'unique responsable, et non une simple conséquence de facteurs externes comme l'alcool, les drogues ou le stress.
Interprétations possibles
- La double vie de l'agresseur : L'homme violent est capable de compartimenter sa vie, adoptant un masque social qui rend la violence presque impensable pour son entourage. Cette respectabilité de façade est un outil de contrôle et d'isolement de la victime.
- Le déni et la minimisation : L'entourage a souvent tendance à minimiser l'ampleur de la violence, soit par manque de connaissance, soit par un mécanisme de défense pour ne pas remettre en cause l'image positive qu'il a de l'agresseur.
- La responsabilité pleine et entière : L'autrice insiste sur le fait que la violence est un comportement choisi. Cela écarte toute excuse basée sur l'addiction ou le stress, recentrant l'analyse sur la volonté et la responsabilité de l'agresseur.
Application dans la vie quotidienne
- Sensibilisation de l'entourage : Il faut se méfier des apparences et rester attentif aux signes indirects de détresse d'un proche, même si son partenaire semble être une personne "parfaite". La violence n'a pas de profil type.
- Soutien aux victimes : Comprendre que la violence est un choix de l'agresseur permet de déculpabiliser la victime. Ce n'est pas "sa faute" si l'autre boit ou est stressé ; c'est un problème de contrôle et de comportement violent de la part du conjoint.
- Intervention et justice : Cette approche renforce la nécessité pour le système judiciaire et les intervenants sociaux de traiter la violence comme un acte intentionnel et non comme une simple perte de contrôle.
Critiques ou limites
- La complexité des facteurs : Bien que la citation insiste sur la responsabilité individuelle, certains pourraient arguer que des facteurs comme les troubles mentaux, les traumatismes passés ou l'abus de substances peuvent être des facteurs aggravants, même s'ils ne sont pas la cause unique. La citation pourrait être perçue comme ne laissant aucune place à l'influence de ces éléments.
- Le focus sur l'homme : La citation se concentre sur "l'homme violent". Bien que statistiquement majoritaires, il est important de reconnaître que la violence conjugale est une problématique qui peut également concerner les femmes ou se manifester dans les couples de même sexe.
Morale ou résumé à retenir
Le message essentiel est de comprendre que la violence conjugale est un choix délibéré et que l'agresseur est capable d'une grande duplicité. Ne vous fiez pas aux apparences : la personne la plus respectable en public peut être un bourreau en privé. La consommation d'alcool, de drogues ou le stress ne sont jamais des excuses valables pour la violence ; l'agresseur en porte l'entière responsabilité.
Analyse du vocabulaire et du style
- Vocabulaire fort et direct : Des termes comme "hommes violents", "choisit d'en avoir" et "toujours responsable" sont employés pour marquer un jugement sans appel et insister sur la responsabilité.
- Usage des guillemets : L'autrice utilise des guillemets pour encadrer des observations factuelles ("donner d'eux-mêmes à l'extérieur du cercle familial une image tout à fait respectable") ou pour rapporter les idées fausses courantes qu'elle réfute (la violence n'est "jamais causée uniquement par la consommation d'alcool...").
- Rythme et progression : La citation procède par couches, commençant par l'observation de la dissimulation, puis celle de la minimisation par l'entourage, pour arriver à la conclusion fondamentale sur la responsabilité et le choix de la violence.
Lien avec d’autres pensées
Cette pensée est en lien avec les travaux en criminologie et en psychologie de la violence qui mettent en évidence les mécanismes de déni et de rationalisation chez les agresseurs. Elle se rapproche également des philosophies qui soulignent l'importance de la volonté et de la responsabilité individuelle dans les actes humains, notamment en éthique et en droit pénal. Elle fait écho à la nécessité d'une prise de conscience sociétale pour ne plus chercher d'excuses aux auteurs de violence et de se focaliser sur la protection des victimes.
Origine de la citation
Cette citation est extraite du livre Le prix à payer d'Alexandra Lange, paru en 2012.
Auteur de la citation
L'auteur est Alexandra Lange, une femme qui a été victime de violence conjugale. Son témoignage, notamment suite à l'acquittement de son ex-mari par la Cour d'assises pour violences répétées, a eu un retentissement important en France, menant à une révision du procès et à une prise de conscience sur les dysfonctionnements du système judiciaire face à ce type de violence.
Contexte historique ou culturel
La citation s'inscrit dans le contexte des années 2010, une période où la parole des victimes de violences conjugales a commencé à se libérer de plus en plus fortement en France, notamment grâce à des affaires médiatisées. L'œuvre d'Alexandra Lange a contribué à un mouvement plus large de sensibilisation et de lutte contre les violences faites aux femmes, influençant potentiellement l'évolution des lois et des pratiques judiciaires pour mieux prendre en compte le traumatisme des victimes et la dangerosité des agresseurs.