Je n'avais pas à craindre de mourir mais de n'avoir plus le coeur à vivre, du moins de la seule vie qui m'importât. Je n'avais plus devant moi que le lit de douleur de mon frère : il gémissait, il criait, mais ne parlait plus, et toutes choses, à l'approche de la mort, étaient vide de sens. Le mal au coeur et la fatigue consécutive à l'insomnie ajoutaient à ce sentiment une puissance à le dominer. Mon frère ne m'avait parlé que pour mettre fin à la possibilité de me parler.
Les déceptions continuelles, dont on peut prévoir que la série sera longue (peut-être aussi longue que ma vie), le prix élevé que l'on doit inévitablement payer pour la plus petite joie savourée, tout cela doit ruiner la sérénité de toute [...] â–º Lire la suite