Un écrivain qui n'a pas de doutes est un écrivain qui ment.
Il ne faut jamais éclaircir le mystère. De toute façon, un écrivain ne le pourrait pas. Et même s'il cherche à l'éclaircir de manière méticuleuse, il ne fait que le renforcer
L'objet premier de l'anthropologie est la relation entre l'un et l'autre, les uns et les autres. Elle se situe au confluent des histoires, au lieu des crises, au carrefour des doutes : la matière concrète du social et de l'individuel.
Un grand écrivain est un homme qui sait nous surprendre en nous disant ce que nous savions depuis toujours.
La langue ment à la parole et la parole à la pensée.
Si tout homme ment, toute femme ment aussi mais beaucoup mieux.
Un écrivain n'avance jamais nu, ne se livre jamais complètement aux autres.
On peut être écrivain sans écrire, poète sans poèmes. C'est un état, pas une fonction ni une activité, encore moins un métier.
Un écrivain ne lit pas ses confrères, il les surveille.
La seule différence entre ce qu'on appelle un homme véridique et ce qu'on appelle un menteur, c'est que le premier ment comme il respire, naturellement et sans savoir, alors que les mensonges du second portent la marque d'un effort créateur. Ils sont plus construits, plus cohérents, et certainement plus efficaces.
On ment bien de la bouche, mais avec la gueule qu'on fait en même temps, on dit la vérité quand même.
Si vous avez des doutes à propos (de la période d'attente) de vos femmes qui n'espèrent plus avoir de règles, leur délai est de trois mois. De même pour celles qui n'ont pas encore de règles. [...]
Une femme ne ment jamais plus finement que lorsqu'elle dit la vérité à quelqu'un qui ne la croit pas.
J'écrivais pour conjurer l'angoisse. N'importe quoi. J'étais un écriveur. L'écriveur deviendra écrivain quand son besoin d'écrire sera soutenu par un sujet qui permet et exige que ce besoin s'organise en projet. Nous sommes des millions à passer notre vie à écrire sans jamais rien achever ni publier.
Les écrivains posent un problème. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend comme des petits pains, l'écrivain se dit qu'il est génial. Si ce qu'un écrivain écrit est publié et se vend moyennement, l'écrivain se dit qu'il [...] â–º Lire la suite
Parfois, les périodes émotionnelles d'un écrivain ne se rencontrent pas bien avec ce qu'il écrit.
L'honnête homme ment dix fois par jour, l'honnête femme vingt fois par jour, l'homme du monde cent fois par jour. On n'a jamais pu compter combien de fois par jour ment une femme du monde.
Un mot n'est pas le même dans un écrivain et dans un autre. L'un se l'arrache du ventre. L'autre le tire de la poche de son pardessus.
S'il appelle "certitudes" une somme de doutes contradictoires qui s'annulent, je veux bien.
On ne ment jamais tant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse.
Un écrivain qui doit l'immortalité à une statue est indigne, même d'une statue.
L'homme du Midi ne ment pas, il se trompe. Il ne dit pas toujours la vérité, mais il croit la dire... Son mensonge à lui, ce n'est pas du mensonge, c'est une espèce de mirage...
La philosophie n'est peut être que l'art d'ensevelir nos doutes sous une avalanche de mots.
Le bon écrivain est celui qui enterre un mot chaque jour.
Demander à un écrivain ce qu'il pense des critiques, c'est demander à un réverbère ce qu'il pense des chiens.
L'Etat est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement ; et voici le mensonge qui s'échappe de sa bouche : "Moi l'Etat, je suis le peuple."
C'est en faisant semblant d'être écrivain qu'on le devient vraiment.
On ne trompe pas l'impuissance : c'est elle qui ment en tendant une main incapable de recevoir.
Un écrivain qui n'est pas libre, est-ce un écrivain ?
Nos doutes sont des traîtres qui nous font souvent perdre par crainte d'entreprendre la bataille que nous pourrions gagner.
Un écrivain idéal va partout.