Chaque fois que j'entends un discours politique ou que je lis ceux de nos dirigeants, je suis horrifié de n'avoir, pendant des années, rien entendu qui ait semblé humain. Ce sont toujours les mêmes mots qui racontent les mêmes mensonges. Et le fait que les hommes acceptent cela, que la colère du peuple n'ait pas détruit ces clowns creux, me paraît la preuve que les hommes n'accordent aucune importance à la manière dont ils sont gouvernés ; qu'ils jouent - ​​oui, jouent - ​​avec toute une partie de leur vie et leurs soi-disant « intérêts vitaux ».
Cette puissante citation d'Albert Camus exprime une profonde désillusion et une condamnation du langage politique. Elle souligne l'horreur de n'entendre, de la part des dirigeants, que des paroles dénuées d'humanité, répétitives et mensongères. Camus déplore l'uniformité du discours politique, le considérant comme une série de « mêmes mots qui racontent les mêmes mensonges ». Le sens principal réside dans la critique acerbe de la rhétorique politique creuse et l'étonnement face à l'apathie ou l'acceptation populaire de cette supercherie, suggérant que les citoyens ne prennent pas au sérieux la manière dont ils sont gouvernés, jouant avec leurs « intérêts vitaux ».
Bien que visant le discours politique, cette pensée peut être appliquée à toute situation où vous êtes confronté à un langage vide de sens, hypocrite ou manifestement mensonger. Elle vous encourage à :
Le message clé à retenir est l'impératif de la vigilance. Ne vous laissez pas bercer par la routine des « mêmes mots » qui masquent les « mêmes mensonges ». La citation est un rappel que l'indifférence ou le cynisme face à la manière dont vous êtes gouverné équivaut à un jeu dangereux avec vos droits et votre vie. Il faut exiger l'humanité et la vérité des détenteurs du pouvoir.
Le style de Camus est ici percutant, passionné et utilise des termes forts :
Cette réflexion trouve un écho chez d'autres penseurs critiques du pouvoir et du langage :
Cette citation est extraite des Carnets de Camus, plus précisément du Carnet II, qui couvre la période de 1942 à 1951. Les Carnets sont un recueil de notes personnelles, d'ébauches d'idées, de réflexions et de fragments d'écriture de l'auteur.
L'auteur est Albert Camus (1913-1960), philosophe, écrivain, dramaturge, essayiste et journaliste français. Il est l'une des figures majeures de la littérature du XXe siècle et a reçu le Prix Nobel de littérature en 1957. Son œuvre est profondément marquée par la thématique de l'Absurde, de la révolte et de la dignité humaine.
La période couverte par ce carnet (1942-1951) est marquée par des événements majeurs : la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'après-guerre, les débuts de la Guerre Froide, et les tensions idéologiques (montée des totalitarismes, débats sur le communisme). Camus, qui a été un résistant et un journaliste engagé, a été témoin des manipulations de l'opinion publique et des discours de propagande. Son horreur face aux « mêmes mensonges » reflète probablement une lassitude face à la rhétorique usée des blocs idéologiques et la difficulté à trouver un langage politique qui remette l'homme au centre des préoccupations.