Critique du simulacre démocratique : La citation peut être interprétée comme le fait que le vote n'est qu'un leurre, un moyen de donner aux citoyens l'illusion de participer et de contrôler, alors que les décisions importantes seraient prises ailleurs.
Dénonciation de l'impuissance du citoyen : Elle reflète un sentiment de désabus et d'impuissance face à une classe politique qui, une fois élue, ignorerait les préoccupations des électeurs.
Appel à d'autres formes d'action : Certains peuvent y voir une invitation à privilégier d'autres moyens d'action que le simple vote (manifestations, désobéissance civile, engagement associatif...) pour provoquer un véritable changement.
Négation du progrès démocratique : La principale limite est qu'elle ignore le fait que le droit de vote a été durement acquis et qu'il est un acquis fondamental des démocraties, permettant malgré tout une alternance et une certaine pression populaire.
Encouragement au cynisme : Elle risque d'encourager le cynisme et le désengagement politique, au lieu d'inciter à une participation plus éclairée et critique.
Simplification excessive : L'idée d'une interdiction facile est une simplification. Le maintien du vote est aussi un moyen de légitimer le pouvoir aux yeux de la population et de la communauté internationale.
Langue : Le vocabulaire est simple, direct, et utilise un ton familier, typique du style de l'humoriste. Il n'y a pas de jargon politique, ce qui rend la critique accessible à tous.
Style : La phrase est construite sur un raisonnement par l'absurde (une forme d'antiphrase). Elle pose une hypothèse ("Si voter changeait quelque chose") pour en déduire une conséquence ironique et radicale ("ça serait interdit").
Force : L'efficacité de la citation réside dans son caractère choc et sa capacité à résumer un sentiment de trahison ou de désenchantement profond en quelques mots incisifs.
Cette critique fait écho à des analyses plus anciennes, comme celles de la théorie des élites ou de penseurs comme Pierre Bourdieu, qui mettent en lumière les mécanismes de reproduction sociale et l'autonomie du champ politique par rapport aux citoyens.
Elle se rapproche aussi des slogans anarchistes ou d'autres critiques virulentes de la démocratie représentative, qui préfèrent la démocratie directe.
La citation s'inscrit dans le contexte de la fin des années 1970/début des années 1980 en France, une période de crise économique et de montée du désenchantement politique après les espoirs des années post-68.
Elle prend tout son sens avec la candidature de Coluche à la présidentielle de 1981, un événement qui a profondément secoué le paysage politique français et mis en lumière la défiance d'une partie des électeurs envers les partis traditionnels.