Si mes guerriers doivent combattre, ils sont trop peu. s'ils doivent mourir, ils sont trop nombreux.
Si le fou persévérait dans sa folie, il rencontrerait la sagesse.
La douleur, ça ne s'exprime pas toujours avec des mots nobles. Ça peut sortir par de petites plaisanteries tristes, petites vieilles grimaçant aux fenêtres mortes de mes yeux.
Après avoir têté sa mère, un homme doit têter l'oreille de sa femme : il ne doit jamais prendre de décision sans la consulter.
Pour pénétrer dans le coeur d'un homme, il faut passer sur le ventre de sa femme.
Je vois l'histoire de mon pays comme un fleuve de mon enfance qui charriait tout sur son passage dans un fracas assourdissant.
L'affreux cuistre Schopenhauer, qui passa sa vie à observer l'horizon du fond d'un puits, était certes bien incapable de soupçonner l'origine surnaturelle du sentiment dominateur qui précipite les hommes les plus forts sous les pieds des femmes, et la chiennerie contemporaine a glorifié sans hésitation ce blasphémateur de l'Amour.
Quand on était petites, toi tu voulais être astronaute, marchande de fleurs, de glaces et de bonbons à la fraise, mais à la fraise uniquement. Tu voulais être trapéziste, rêveuse ou cheffe d'orchestre. Moi je voulais être princesse, pilote d'avion, [...] ► Lire la suite
Le premier instrument du génie d'un peuple, c'est sa langue.
Chacun est prisonnier de sa famille, de son milieu, de son métier, de son temps.
L'abstraction même du bonheur explique sa séduction et l'angoisse qu'il génère. Non seulement nous nous méfions des paradis préfabriqués mais nous ne sommes jamais sûrs d'être vraiment heureux. Se le demander, c'est déjà ne plus l'être.
Un peu de pain sec avec la joie vaut mieux qu'une maison pleine de victimes avec des querelles.
Il n'y a pas vraiment de gens cyniques, il n'y a que des gens un peu plus mordants, un peu plus réveillés que la bonne moyenne.
Ni militaires, ni prêtres parce que mon rêve a toujours été de mourir sans intermédiaire.
La langue de coton se distingue de son homologue de bois, dure et soviétique, par son côté rassurant, chaud, moelleux, qui fait oublier sa totale insignifiance.
Le haïku a cette propriété quelque peu fantasmagorique, que l'on s'imagine toujours pouvoir en faire soi-même facilement.
L'homme ne peut se dire libre si sa liberté s'appuie sur l'oppression d'autrui.
Rater sa vie est un droit inaliénable.
Je dis que mon fils est un voyou, mais je n'aime pas que les autres le disent.
Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.
Ton amitié m'a souvent fait souffrir ; sois mon ennemi, au nom de l'amitié.
Nous n'avons en aucune manière le monopole de la pensée. Il existe, un peu partout en Occident, un racisme de l'intellect dont nous devons nous méfier.
La poésie est une langue à part que les poètes peuvent parler sans crainte d'être entendus, puisque les peuples ont coutume de prendre pour cette langue une certaine manière d'employer la leur.
Un homme qui a réussi est un homme qui gagne plus d'argent que sa femme n'en dépense. Et une femme qui a réussi est une femme qui a trouvé un tel homme.
En fait, vouloir être reconnu, cela a été mon premier moteur.
Cette dignité du chagrin qui justifie sa cause par la beauté des effusions.
Comment peut-on empêcher une grosse dame de chanter quand on a oublié sa mitraillette ?
Dans la France du XVIIIème siècle, l'ambition n'est permise qu'à fort peu de monde. C'est un privilège de nanti. La lutte pour la survie, qui est le lot de la majorité, interdit la dispersion des efforts.
Je crois que pour en faire une oeuvre littéraire, il faut tout simplement rêver sa vie - un rêve où la mémoire et l'imagination se confondent.
Je pardonne à ton nom, pour ne souiller mon livre,D'un nom, qui par mes vers n'a mérité de vivre.
Délos est une île magique où se croisent des étincellements ; elle devient peu à peu miroir ; miroir de quoi ? Peu importe ; les miroirs ont une beauté surnaturelle ; ils ne connaissent pas ce qu'ils reflètent et ils ne reflètent pas toujours ce qu'ils voient.