Le mal s'apparente à un gaz : il n'est pas facile à voir, mais il est repérable à l'odeur. Il est le plus souvent stagnant, réparti en nappe étouffante.
Ce n'est que si le mal est à la porte que le bien peut entrer dans la maison.
La santé, c'est d'avoir mal tous les jours à un endroit différent.
La morale élève un tribunal plus haut et plus redoutable que celui des lois.
C'est de là que vient tout le mal : Dieu est un homme.
Dans les affaires, les gens dont la carrière stagne sont ceux qui n'ont pas de buts. Soit ils n'en ont pas du tout, soit ils sont mal définis, trop faciles à atteindre ou ne valent pas la peine de faire un effort.
On a le droit de dire du mal des femmes ; on n'a pas le droit de dire du mal d'une femme.
Pour les musulmans, Mahomet est une figure sacrée. Ils sont nombreux à se sentir offensés s'il est mal représenté.
Un mauvais voisin est une calamité, un bon voisin un vrai trésor.
Tout mal est un bien devenu cancéreux.
J'atteignis le fond, transporté de joie. Des sars, ronds et plats comme des soucoupes, nageaient une ronde autour d'un rocher. Regardant au dessus de moi, je vis la surface qui brillait comme un mauvais miroir, avec dans son centre la silhouette nette de Simone réduite à la taille d'une poupée.
On a toujours une raison subjective de dire du mal des autres.
Il n'est pas mauvais de rappeler que, si Versailles a pu s'élever, c'est parce que Louis XIV - avec Colbert - a su restaurer les finances ruinées par la Fronde.
Chaque fois que je traverse un mur je me fais mal aux ailes.
Quiconque est parvenu à discerner le bien du mal a déjà perdu son innocence.
Le mal qu'on sème, ce sont les enfants qui le récoltent.
La guerre... La guerre, c'est pas une raison pour se faire mal !
Il importe de s'accoutumer d'abord à être mal couché ; c'est le moyen de ne plus trouver de mauvais lit.
La vie est une mauvaise habitude dont on parvient mal de se défaire.
Celui qui regarde au-dessus de soi a mal au cou.
Dans cette vie, longtemps je n'ai su que mal aimer ou ne pas aimer.
Les gens veulent être amusés, pas prêchés, vous savez. La morale ne se vend pas de nos jours.
L'épreuve, quelle qu'elle soit, est comme un avion qui atterrit brutalement sur une piste d'aéroport. Si celle-ci est en mauvais état, les risques d'accident sont accrus. En ce sens, le bon entretien de la piste est primordial. Cette piste représente ici les flancs de ma vie intérieure.
En fait, un journal intime, c'est fait pour être lu : on le cache mal en espérant que quelqu'un le trouvera.
Tout passe, hélas, et change de saveur. Mes premières ivresses gustatives m'avaient rendu gourmand et débonnaire, enclin à la mansuétude. Elles se changèrent bientôt en aigreurs d'estomac. Vivre d'un travail alimentaire voué à l'alimentation a sans doute quelque chose d'intrinsèquement pervers - j'eus bientôt du mal à avaler.
Qui pourrait dire au lion : « Ta bouche sent mauvais » ?
Il n'y a aucun mal à changer d'avis. Pourvu que ce soit dans le bon sens.
La grande morale enfante une petite assemblée.
Sous un bon gouvernement, la pauvreté est une honte ; sous un mauvais gouvernement, la richesse est aussi une honte.
Un acteur sur la scène, c'est une buche dans le feu. Quand la flamme du dialogue le quitte, il doit lui rester la braise de la situation. Mauvais bois qui s'éteint dès qu'il ne flambe plus. Faut-il donc que le poëte souffle toujours dessus ?
La crise morale française porte un nom : c'est la crise du travail.