On trouve des sociétés qui n'ont ni science, ni art, ni philosophie. Mais il n'y a jamais eu de sociétés sans religion.
La croyance n'est rien qu'une conception d'un objet plus vive, plus vivante, plus forte, plus ferme, plus stable que celle que l'imagination seule est jamais capable d'obtenir.
Mon métier c'est de poser des questions. À la différence de nombreux philosophes, je ne pense pas avoir de réponse. Je ne pose pas de questions en mots, mais avec des émotions visuelles ou sonores.
La vraie religion consiste à se garder d'un genre de croire qui nous délivrerait de vouloir.
La religion commence peut-être au bord de la détresse.
Il n'y a point au monde un si pénible métier que celui de se faire un grand nom : la vie s'achève que l'on a à peine ébauché son ouvrage.
On dit de moi que je suis théâtrale mais je clame haut et fort que je suis le théâtre, et que le théâtre c'est moi. Je suis un spectacle sans interruption.
Une religion qui serait à la mesure de notre compréhension ne saurait suffire à nos besoins.
La philosophie n'est peut être que l'art d'ensevelir nos doutes sous une avalanche de mots.
Qu'est-ce que le métier de paysagiste ? Participer à l'inscription des équipements collectifs dans le paysage, en essayant de le blesser le moins possible, de réintroduire du végétal, de relancer une sorte de dialogue entre le bâti et le planté.
Le théâtre est cet espace où se mesure, plus que celle du metteur en scène ou de l'auteur, l'imbécillité du public.
C'est cela le théâtre : c'est le désir de tous les autres.
Si croire en la réalité d'une abondance planétaire et individuelle est un acte de foi, il n'en est sûrement pas moins un acte de foi de croire en la valeur des billets verts que nous utilisons tous les jours.
Les gens se laissent facilement manipuler. La religion est le moyen le plus efficace pour ça... et les médias n'aident pas !
La littérature est un métier où il faut sans cesse recommencer la preuve qu'on a du talent pour des gens qui n'en ont aucun.
La philosophie donne l'impression de s'occuper seulement de la vérité, mais peut-être ne dit-elle que des fantaisies, et la littérature donne l'impression de s'occuper seulement de fantaisies mais peut-être dit-elle la vérité.
Il faut croire en Dieu pour avoir foi dans les hommes.
Quiconque honore sa propre religion et condamne les religions des autres, nuit gravement à la sienne.
Si les femmes étaient par nature ce qu'elles se font par art ; si elles perdaient tout d'un coup toute la fraîcheur de leur teint, et que leur visage devînt aussi fougueux et aussi plombé qu'elles le font avec le [...] â–º Lire la suite
Le mal est l'une de ces questions existentielles au contact de laquelle une philosophie se sait, s'éprouve.
Le théâtre ne résout rien.
On fait du théâtre parce qu'on a l'impression de n'avoir jamais été soi-même et qu'enfin on va pouvoir l'être.
La raison pour laquelle je ne peux pas suivre la vieille philosophie oeil pour oeil, c'est qu'elle finit par rendre tout le monde aveugle.
Chef de l'Etat est un métier précaire, exposé, et d'abord exposé au mécontentement et à la critique.
Dès que nous perdons la base morale, nous cessons d'être religieux. La religion ne saurait renverser et supplanter la moralité.
Toute la philosophie n'est fondée que sur deux choses : sur ce qu'on a l'esprit curieux et les yeux mauvais.
L'effet de théâtre est de deux sortes : fusion des acteurs et fusion des spectateurs. La mise en scène peut opérer les deux.
La religion participe souvent du mythe du progrès qui nous protège des terreurs d'un futur incertain.
La philosophie française a été moins un monument original, créateur de l'histoire intellectuelle, qu'une simple excroissance épigonale.
L'amitié est une religion sans dieu ni jugement dernier.
Il n'y a pas d'autre art que l'art amoureux. C'est l'art souverain de la lenteur et de la vitesse. C'est l'art de susciter un éclair, sans jamais l'arrêter en l'orientant vers nous.