Jeunesse paresseuse, vieillesse pouilleuse.
Chaque roman est un déicide secret, un assassinat symbolique de la réalité.
Presque tous les hommes meurent de leurs médicaments, pas de leurs maladies.
Au printemps lilas, roses et muguets,En été jasmins, oeillets et tilleulsRempliraient la nuit du grand parc où, seulsParfois, les rêveurs fuiraient les bruits gais.
Les grands comédiens ne meurent ni de maladie ni de vieillesse ; ils cessent d'exister quand on ne les applaudit plus.
Excepté pour la passion du héros, un roman doit être un miroir.
Peu de personnes meurent en chaise à moins quelle ne soit électrique.
L'amour n'atteint la maturité et la sérénité qu'aidé par l'amitié. Il y faut du temps, de la générosité et de la lucidité.
L'aspiration à sauver le monde est un phénomène morbide de la jeunesse d'aujourd'hui.
Le roman est une méditation sur l'existence vue au travers de personnages imaginaires.
La vieillesse est un tyran qui défend, sous peine de la vie, tous les plaisirs de la jeunesse.
Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait.
Ainsi va le monde: l'insouciance de la jeunesse cédant le pas à la nécessité de payer ses factures et d'assumer ses responsabilités, nous sommes tous voués à reprendre le modèle que, durant notre adolescence, nous nous étions jurés de ne jamais répéter.
Calvitie : toujours précoce - et causée par des excès de jeunesse ou la conception de grandes pensées.
La belle-mère apparaît et on se comporte comme le meurtrier d'un roman de Ray Bradbury qui essuie ses empreintes de la pomme tombée de la coupe à fruits.
Dans un roman, on est porté par le récit. Le roman est situé dans le temps d'une lecture. Un poème est toujours "maintenant".
Les enfances se ressemblent toutes, dans leur grandeur comme dans leur misère originelles. On ne connaît guère mieux son enfance que les enfances inconnues et secrètes des autres enfants.
Il y a plus de gens qui meurent du paludisme que tout type de cancers.
Les secrets, même les plus terribles, meurent quand en meurent les témoins.
Le malheur qui se perpétue produit sur l'âme l'effet de la vieillesse sur le corps ; on ne peut plus remuer ; on se couche.
La jeunesse est ainsi, elle établit ses propres limites sans demander si le corps supporte.
Immobile, assis sans rien faire, le printemps vient, l'herbe pousse.
Quarante ans, c'est la vieillesse de la jeunesse, mais cinquante ans, c'est la jeunesse de la vieillesse.
La jeunesse a une belle face et la vieillesse une belle âme.
Pas plus que le roman ne peut se borner à la fiction, il ne peut se passer d'elle.
L'autre côté de la vie c'est le printemps, il y fait Dieu comme il fait soleil sur nos printemps de la terre.
La vie est le roman de la matière.
La fiancée s'est mariée, les bergers meurent d'ennui.
Le genre humain, qui devrait avoir six mille ans de sagesse, retombe en enfance à chaque nouvelle génération.
La jeunesse est le temps d'étudier la sagesse, la vieillesse est le temps de la pratiquer.
Dire que tant de gens meurent sans mourir d'amour...