Tenez, y a une coutume du spectacle qui me les gonfle singulièrement - et d'ailleurs c'est très bien que je vous en parle dès maintenant, tout de suite -, c'est...les rappels.
C'est totalement absurde, les rappels.
Enfin, écoutez, dans la vie normale, dans la vie courante, quand un type a fini son boulot, qu'est-ce qu'il fait ? Il dit au revoir, et il s'en va. Voilà. Il ne revient pas : enfin, on n'imagine pas un plombier, par exemple, resonnant à la porte, après avoir réparé une fuite, juste pour refiler un petit coup de clé de douze.
Cette célèbre citation de Pierre Desproges exprime un rejet catégorique et ironique de la pratique des rappels dans le monde du spectacle. Pour Desproges, cette coutume est fondamentalement absurde et superflue. L'artiste, ayant terminé sa prestation, devrait simplement partir, à l'image de n'importe quel travailleur ayant accompli sa tâche dans la "vie normale". Le rappel est perçu comme une prolongation artificielle et forcée du travail.
Bien que centrée sur le spectacle, cette pensée peut s'appliquer à de nombreuses situations quotidiennes :
La critique de Desproges, bien qu'hilarante, ignore la fonction émotionnelle et sociale du rappel :
La leçon principale à retenir est que l'efficacité et la conclusion claire d'une tâche devraient être la norme. Le style de Desproges nous invite à remettre en question les conventions et les rituels établis – y compris ceux de l'art – à l'aune du bon sens et de l'efficacité, tout en se méfiant de l'artifice.
Cette citation résonne avec d'autres pensées critiques envers le star-system et les artifices de la célébrité. Elle est typique de l'humour noir et de l'esprit iconoclaste de Desproges qui aimait décortiquer les petits travers et les grandes hypocrisies de la société par un raisonnement implacable, bien que délibérément poussé à l'extrême.
Cette citation est extraite de l'un des spectacles de Pierre Desproges. Elle fait partie de son œuvre de stand-up/seul en scène et illustre son approche directe et provocatrice face à son public et aux pratiques du spectacle vivant.
L'auteur est Pierre Desproges (1939-1988), un humoriste, écrivain et chroniqueur français célèbre pour son style inimitable, son usage virtuose de la langue française, son humour noir, et son cynisme brillant. Il est une figure majeure de l'humour français de la fin du XXe siècle.
La citation se situe dans le contexte de la culture du spectacle en France dans les années 1970 et 1980. À cette époque, Desproges se positionne comme un critique acerbe des conventions sociales et culturelles. Le rappel est alors une pratique bien établie, que ce soit pour les concerts ou les spectacles d'humour. Desproges, en la critiquant, se place en marge des usages habituels, renforçant son image d'artiste anti-conventionnel.