Est-ce que c'est dire trop, si je dis, que l'homme en pensant seulement devient vraiment homme? Enlevez la pensée de la vie de l'homme, et que reste-t-il?
On demandait à M. de Fontenelle mourant : "Comment cela va-t-il ? Cela ne va pas, dit-il ; cela s'en va."
Par conséquent, la question importante du sens de l'être n'est pas : pourquoi y a-t-il quelque chose et non rien - question leibnizienne tant commentée par Heidegger - mais : est-ce que je ne tue pas en étant ?
Pourquoi le tribunal juge-t-il des choses qu'il ne voit pas, qui n'existe pas et qui n'ont absolument aucune preuve.
Aussi ne saura t'il jamais comme je l'aime et cela, non parce qu'il est beau, Nelly, mais parce qu'il est plus moi même que je ne le suis.
On est à un point où l'avenir du Sénat se pose. Existera-t-il encore un Sénat demain ? Faut-il un Sénat ? C'est de la survie dont il s'agit.
Même pas moyen d'être saoul. Pourquoi boire donne-t-il soif ? Comment sortir de ce cercle ?
A force de frayer,Avec toutes nos paroles,A force de voisiner,Avec nos sombres passions,A force de s'effriter,Sur les corps de passage,L'amour a-t-il perdu,Innocence et plaisir ?
Mon prédécesseur a imposé des personnes riches et prospères à un taux plus élevé que jamais. Et ce qui est arrivé ? Ils sont partis. Et qu'est-il arrivé ? Le chômage a-t-il baissé? Non.
Existe-t-il de véritables rusés dont on ne remarque pas les ruses ?
Pourquoi y a-t-il de l'être et non pas rien ? Pourquoi cet être a-t-il des tendances ? Questions absurdes, mais surtout questions déplacées dans un monde où la causalité n'est que mirage : le monde est muet.
Je ne sais pas, en vérité, pourquoi l'homme tient tant à la vie. Que trouve-t-il donc de si agréable dans cette insipide succession des nuits et des jours, de l'hiver et du printemps ?
Celui qui comprend et pardonne - où donc trouvera-t-il un mobile d'action ?
La liberté, les hommes la dédaignent uniquement, semble-t-il, parce que s'ils la désiraient, ils l'auraient ; comme s'ils refusaient de faire cette précieuse acquisition parce qu'elle est trop aisée.
Aussi ne saura-t-il jamais comme je l'aime; et cela, non parce qu'il est beau, Nelly, mais parce qu'il est plus moi-même que je ne le suis. De quoi que soient faites nos âmes, la sienne et la mienne sont pareilles.
Pourquoi n'existe-t-il pas, a côté du temps, un jour ensoleillé dans lequel nous pourrions entrer pour aller faire, dans une rivière de marguerites, nos gambades d'hier et d'avant d'hier ?
L'homme ne supportera-t-il donc jamais deux vérités à la fois ?
Vous comprenez, expliqua-t-il, les mots ne prennent leur importance que lorsqu'ils sont confrontés avec les réalités vivantes.
Pourquoi l'homme tue-t-il ? Il tue pour se nourrir. Et pas seulement pour ça : souvent il a soif aussi.