La raison pourquoi les sots réussissent ordinairement dans leurs entreprises, c'est que ne sachant et ne voyant jamais quand ils sont importuns, ils ne s'arrêtent jamais. Or, il n'y a pas d'homme assez sot pour ne savoir pas dire : "donnez-moi cela".
Le hasard, voyez-vous, ne sert que les hommes forts et c'est ce qui indigne les sots.
On ne plaît qu'aux sots, qu'on rassure.
Malheur à celui qui ne peut être seul un jour de sa vie sans éprouver le tourment de l'ennui, et qui préfère, s'il le faut, converser avec des sots plutôt qu'avec lui-même !
Les sots sont bien plus facilement entraînés que les autres à ce vain plaisir de s'écouter eux-mêmes en parlant aux autres. Ils pensent bien moins à instruire leur interlocuteur qu'a l'éblouir.
Il n'y a pas d'enfants sots : il n'y a que de sots parents.
Quand les jeunes acquièrent le jugement, les vieux deviennent des sots.
Les sots sont ici-bas pour nos menus plaisirs.
L'imagination des sots n'atteint pas à l'esprit, celle des sages n'atteint pas au génie.
L'opinion est la reine du monde, parce que la sottise est la reine des sots.
Les sots donnent des festins, les sages s'y nourrissent.
Ce qui instruit les sots, ce n'est pas la parole, mais le malheur.
Tous les sots sont opiniâtres, et tous les opiniâtres sont des sots.
Les sots se tournent vers les avantages de la fortune ; ceux qui les connaissent vers les avantages de la sagesse.
Le public, le public !... Combien faut-il de sots pour faire un public ?
Je n'en veux point aux sots, j'en veux à la sottise.
Des sots ? Y'en a plein de seaux.
C'est une constatation que sont obligés de faire quelquefois certains hommes : que de sots ont facilement ce qu'ils n'ont pas.