Rien n'est plus offensant pour un homme qu'un échec qui touche son côté mâle.
Rien n'est plus responsable de bons vieux souvenirs qu'une mauvaise mémoire.
Rien n'est plus triste qu'un best-seller qui ne se vend pas.
Rien n'est plus trompeur qu'une apparence d'humilité.
Rien n'est plus étonnant dans l'éducation que toute l'ignorance accumulée sous forme de faits inutiles.
Rien n'est plus étranger à la femme que la mort.
Rien n'est plus aveugle que la justice sauf peut-être un homme en amour.
Rien n'est plus simple que de poser une question difficile.
Rien n'est plus urgent que d'aimer.
Rien n'est plus beau chez l'homme que le don de pitié, reçu dès l'enfance ; il lui permet de vivre et de vieillir sans se plaindre de ne pas pousser à la roue de l'univers.
Rien n'est plus beau pour une femme que de faire rêver les hommes.
Rien n'est plus propre à faire échouer l'artifice et la finesse que la candeur et la simplicité.
Rien n'est plus irritable que l'indépendance de l'adolescent. Si on froisse en lui ce droit qu'il vient de se découvrir avec ravissement, il se rebiffe et fait par révolte le contraire de qu'on lui commande.
Rien n'est plus fatal à la religion que l'indifférence.
Rien n'est plus dangereux que ces consciences endormies, satisfaites ! Ces consciences raisonnables dont la vie se retire peu à peu.
Rien n'est plus honteux que d'attaquer des enfants en plein sommeil.
Rien n'est plus contagieux que la liberté.
Rien n'est plus probable qu'adviennent des événements improbables.
Rien n'est plus ennuyeux que d'être adoré. Comment Dieu le supporte-t-il ?
Rien n'est plus humiliant parfois que la pitié exprimée.
Rien n'est plus agaçant que le bonheur des autres. Surtout quand il sert de jauge à votre propre déconfiture...
Rien n'est plus parfait, plus complet qu'un cadavre.
Rien n'est plus facile, plus inutile par conséquent, que d'être un poète quelconque.
Rien n'est plus précieux pour une femme que l'amitié des autres femmes.
Rien n'est plus mystérieux que nos raisons d'aimer : qu'est-ce qui motive notre choix ? Qu'est-ce qui dirige nos recherches ? Y a-t-il même des recherches et un choix ? Ou seulement le hasard de l'espièglerie des dieux...
Rien n'est plus proche d'une femme ensorcelée qu'une femme éprise.
Rien n'est plus dangereux qu'une idée, quand on n'a qu'une idée.
Rien n'est plus fatigant que la paresse.
Rien n'est plus désirable que l'immobilité quand tout, autour de vous, va trop vite.
Rien n'est plus néfaste à l'amour que la moindre intimité.
Rien n'est plus philosophe que le verglas. Que d'injures les humains ne lui ont-ils pas prodiguées !
Rien n'est plus beau qu'un pauvre qui s'accroche à sa dignité, et rien n'est plus laid, qu'un riche qui l'a perdue.
Pour moi, rien n'est plus beau qu'un couple épanoui. L'homme et la femme qui réussissent ce prodige, créent, ensemble, un troisième être qui dépasse chacun d'entre eux et qui les relie à l'harmonie du monde.
Rien n'est plus désagréable que de découvrir en soi les défauts que nous reprochons à autrui.
Rien n'est plus naturel que la conscription, qui convient au despotisme, convienne aussi à la démocratie.
Rien n'est plus heureux qu'un homme qui part, si ce n'est un homme qui revient.
Voilà quelque chose que l'enfant comprend très bien : pour lui, rien n'est plus vrai que ce qu'il désire.
Rien n'est plus rare que la véritable bonté ; ceux mêmes qui croient en avoir n'ont d'ordinaire que de la complaisance ou de la faiblesse.
Rien n'est plus rapproché que deux extrêmes.
Rien n'est plus ridicule qu'un effronté qui perd toute contenance.
Rien n'est plus drôle que le malheur, je te l'accorde.
Rien n'est plus difficile que de trouver sa vocation dans le labyrinthe des idées toutes faites, des filières qui se défilent, des voies royales sans débouchés.
Rien n'est plus désagréable qu'un homme se cite lui-même à tout propos.
Être aimable, rien n'est plus utile.
Rien n'est plus rare au monde qu'une personne toujours supportable.
Rien n'est plus difficile à partager qu'un amour.
Rien n'est plus facile à apprendre que la géométrie pour peu qu'on en ait besoin.
Rien n'est plus difficile à supporter qu'une succession de bonnes journées.
Rien n'est plus chaste et plus sacré que les caresses de deux êtres jeunes et beaux.
Rien n'est plus douloureux pour la peau délicate de la vanité que l'application d'une âpre vérité.