La poésie est une éternelle jeunesse qui ranime le goût de vivre jusque dans le désespoir.
La poésie est active dans toutes les formes de création. C'est elle qui en fait la beauté, laquelle est un éveil, un cri d'alarme.
Le but de la science est de rendre les choses difficiles compréhensibles d'une manière plus simple ; le but de la poésie est d'énoncer des choses simples d'une manière incompréhensible. Les deux sont incompatibles.
La poésie est une plante libre ; elle croit là où on ne la sème pas. Le poète n'est pas autre chose que le botaniste patient qui gravit les montagnes pour aller la cueillir.
La poésie est une langue à part que les poètes peuvent parler sans crainte d'être entendus, puisque les peuples ont coutume de prendre pour cette langue une certaine manière d'employer la leur.
La poésie est l'art de ne pas comprendre. Elle ne s'adresse pas à la raison, et n'est pas faite de sentiments, mais parle au vent et provoque des sensations.
La poésie est une salve contre l'habitude.
La poésie est le symbole de la stabilité immuable du monde.
Comme la magie, la poésie est noire ou blanche, selon qu'elle sert le sous-humain ou le surhumain.
La poésie est une religion sans espoir.
La poésie est aujourd'hui l'algèbre supérieure des métaphores.
La poésie est simplement la preuve de la vie. Si votre vie brûle bien, la poésie en est les cendres.
La beauté de la poésie est que la création transcende le poète.
La pitié est au coeur ce que la poésie est à l'imagination.
La poésie est une poire introuvable quand on a soif.
La poésie est l'héroïne de la philosophie. La philosophie élève la poésie au rang de principe. Elle nous apprend à connaître la valeur de la poésie. La philosophie est la théorie de la poésie. Elle nous montre ce qu'est la poésie, qu'elle est un et tout.
Plus la poésie est vraie, plus elle est fausse ; et les amoureux sont fort adonnés à la poésie ; et ce qu'ils jurent en poésie, en tant qu'amoureux, c'est, on peut bien le dire, fausseté pure.