Rien n'est plus long à voyager que l'âme est c'est lentement, s'il se déplace, qu'elle rejoint le corps.
Un journal est une longue lettre que l'auteur s'écrit à lui-même, et le plus étonnant est qu'il se donne à lui-même de ses propres nouvelles.
Le plaisir est rond comme la lune et en bout de course il se fait étoile filante.
L'homme dépend, dans une très large mesure, de l'idée qu'il se fait de lui-même.
L'avilissement est le changement qui se fait dans un homme qui baisse de prix à mesure qu'il se vend.
Lorsque le temps dessèche un chêne, on dit qu'il se couronne ; quand il commence à décolorer une rose, on dit qu'elle est flétrie.
L'amour ne meurt pas, il se renouvelle.
Un sot est un sot en ce qu'il se croit capable de réflexion.
Si quelqu'un pense que je suis un pacifiste, qu'il vienne prendre mes poulets, et il verra qu'il se trompe !
Un imbécile ne s'ennuie jamais ; il se contemple.
Trop de suspense dans un livre et il se consume et se consomme.
L'homme est quelque chose de totalement à part. Il est anature. A la suite de quelques mutations, donc par nature, il se retrouve à des années-lumière de la nature.
Pourquoi hésiter jamais sur notre devoir, quand il se reconnaît d'emblée à ce signe : le devoir c'est ce qui nous embête.
Il se trouve que les oreilles n'ont pas de paupières.
En vérité, si un homme abandonnait un royaume et le monde entier et qu'il se garde lui-même, il n'aurait rien abandonné.
Il est un temps où le coeur exulte, il est un temps où il se referme sur lui-même, et c'est alors que la difficulté d'être commence !
L'homme a la conscience d'être Dieu, et il a raison, puisque Dieu est en lui. Il a conscience d'être un cochon et il a également raison parce que le cochon est en lui. Mais il se trompe cruellement quand il prend le cochon pour un Dieu.
Mangez, buvez et soyeux heureux, car il se pourrait que demain nous ayons à nous priver !
La gloire, c'est un dinosaure qui vit chez vous. Il faut le nourrir, sinon il se fâche et peut vous tuer.
L'être humain est ainsi fait qu'il se veut surtout autonome. La personne cherche l'autre qui la complétera, mais si l'autre lui apparaît comme une menace à son autonomie, elle se détournera. C'est pourquoi les forts sont condamnés aux faibles.
Personne n'est jamais maître du génie ; certains cerveaux en subissent les manifestations mais le talent obéit à une culture, à une discipline. Il se maîtrise. Le talent perfectionne. Le génie consume.
C'est le déclin quand l'homme se dit "Que va-t-il se passer ?", au lieu de dire "Que vais-je faire ?"
La chat ne nous caresse pas, il se caresse à nous.
On s'aperçoit qu'un nouveau talent a emergé au fait qu'il se crée spontanément autour de lui une conjuration d'imbéciles pour le briser.
Lorsque Dieu veut instruire de leur néant les idolâtres d'eux-mêmes, il se contente d'éterniser les adieux qu'ils disent à leur moi.
L'homme devient athée lorsqu'il se sent meilleur que son Dieu.
Chaque homme, même le plus laid, nourrit en soi une amorce et un secret par lequel il se relie directement à la beauté même.
L'homme évolue en sens inverse du lingot d'or. Il se dévalue avec les années.
Si l'homme pense Dieu, c'est qu'il se trouve déjà à l'intérieur de la pensée divine, c'est que déjà Dieu se pense en lui.
Il aimait tellement le son de sa propre voix que chaque fois qu'il sortait de chez lui, il se téléphonait pour s'entendre sur le répondeur.
L'homme se fait ; il n'est pas tout fait d'abord, il se fait en choisissant sa morale, et la pression des circonstances est telle qu'il ne peut pas ne pas en choisir une.
Je ne suis pas candidat au poste d'entraîneur, mais s'il se libère, je le prends !
Les femmes n'iront pas au Paradis, car il est dit dans un verset de l'Apocalypse : "Et il se fera au ciel un silence d'une demi-heure".
Quand un politicien se touche le visage il dit la vérité, quand il se gratte l'oreille il dit la vérité, quand il lève le pouce il dit la vérité ; c'est quand il remue les lèvres qu'il ment.
L'homme est un gros sot pensant, mes amis ! Conscient de l'absurdité de son existence et de l'absence de toute finalité, il se couvre les yeux d'un voile anesthésique afin d'échapper à ses angoisses.
Depuis près d'un demi-siècle, il se servait de son esprit comme d'un coin pour élargir de son mieux les interstices du mur qui de toute part nous confine.
L'artiste, et c'est en quoi il se distingue du commun des mortels, offre en pâture aux sarcasmes non seulement son physique et son moral, mais son oeuvre.
Le désespoir, lui-même, pour peu qu'il se prolonge, devient une sorte d'asile dans lequel on peut s'asseoir et reposer.
Si un asticot est nourri de gelée royale, il se prend pour la reine abeille.
Une société malade est une société qui crée de l'hostilité mutuelle, de la méfiance, et qui transforme l'homme en un instrument exploité par les autres, qui le prive du sentiment d'avoir de la valeur, sauf dans la mesure où il se soumet aux autres et devient un automate.
Je reconnais un honnête homme à ce qu'il se contredit.
L'amour est comme une pellicule. Il se développe dans le noir.
Ne dis pas "Dieu est trop loin de moi", cherche-le là où il se trouve. La communion de ton âme avec la divinité est possible.
L'homme ne rit plus dès qu'il se sait chose comique.
Le plus sot endroit où l'on puisse fourrer son museau, c'est une muselière. Les chiens du moins ne le font que de force ; l'homme est assez bête pour le faire de plein gré, le jour où il se marie.
C'est quand il se retrouve pensif que l'on doit observer le technocrate.
Aujourd'hui, l'homme n'a qu'à appuyer sur un bouton et le monde lui appartient. Pourtant il se sent désespéré.
Le cinéma ne peut plus m'envoyer dans la stratosphère. Des films, il en sort comme il se vend des chaussures.
Il est difficile de chasser Dieu tout à fait. Toujours il revient humblement déguisé sous un nom ou sous un autre, et sous le nom que nous avons choisi, il se fait aimer sans qu'on le sache.
Le rêve ne pense ni ne calcule ; d'une manière générale il ne juge pas : il se contente de transformer.