Jean-Marie Le Pen : Je suis passionné par l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale. Je me pose un certain nombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale.
Paul-Jacques Truffaut : Six millions de morts, c'est un point de détail ?
Jean-Marie Le Pen : Six millions de morts ? Comment ?
Paul-Jacques Truffaut : Six millions de Juifs morts pendant la Seconde Guerre mondiale, vous considérez que c'est un point de détail ?
Jean-Marie Le Pen : La question qui a été posée est de savoir comment ces gens ont été tués ou non.
Paul-Jacques Truffaut : Ce n'est pas un point de détail !
Jean-Marie Le Pen : Si, c'est un point de détail de la guerre. Voulez-vous me dire que c'est une vérité révélée à laquelle tout le monde doit croire, que c'est une obligation morale ?
Cette citation est un extrait d'un échange tendu entre Jean-Marie Le Pen, alors président du Front National, et le journaliste Paul-Jacques Truffaut, concernant les chambres à gaz et le génocide des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Pen, bien que disant ne pas nier l'existence des chambres à gaz, affirme qu'elles constituent un "point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale". Le journaliste le confronte immédiatement sur cette affirmation, soulignant que six millions de morts (faisant référence aux victimes juives de la Shoah) ne peuvent être considérés comme un simple détail.
Bien que cet échange concerne un événement historique majeur, la citation soulève des questions applicables à la vie quotidienne :
Le principal enseignement à retenir est que les mots ont un poids considérable, surtout lorsqu'ils touchent à des tragédies humaines. La tentative de réduire un génocide à un "point de détail" est non seulement une faute morale et historique, mais elle illustre la nécessité de la vigilance face aux discours révisionnistes et négationnistes, ainsi que l'importance de nommer les faits pour ce qu'ils sont.
Cette citation se lie aux débats sur :
Cette citation provient d'une interview de Jean-Marie Le Pen, diffusée à la télévision. Elle a été prononcée et enregistrée, provoquant un tollé immédiat et des répercussions judiciaires.
L'auteur des propos les plus controversés est Jean-Marie Le Pen (1928-), homme politique français, fondateur et ancien président du parti d'extrême droite le Front National (devenu Rassemblement National). L'autre intervenant est le journaliste Paul-Jacques Truffaut.
Cette déclaration a été faite en septembre 1987, dans un contexte où Jean-Marie Le Pen et le Front National commençaient à s'imposer durablement dans le paysage politique français. L'échange a eu lieu sur la chaîne de télévision RTL. À cette époque, la Shoah était déjà largement documentée et reconnue comme un génocide unique. Les propos de Le Pen ont immédiatement relancé le débat sur le négationnisme et l'antisémitisme au sein du parti d'extrême droite et ont mené à sa première condamnation pour ces propos, renforçant l'image sulfureuse de l'homme politique.