Le plus dur c'est de savoir qu'il y a de la bonté chez les gens.
La plupart du temps elle reste enfermée en eux.
C'est peut être parce que l'on a peur du malheur que l'on a un Dieu, ou alors parce que l'on a peur du bonheur.
Parce que, s'il n'y a pas de Dieu, ça veut dire que c'est en nous, et que l'on pourrait faire le bien tout le temps si on voulait.
Donc quand on fait le mal c'est que l'on veut faire le mal, ou que l'on est obligé, ou peut-être que l'on a simplement besoin du mal pour nous rappeler ce qu'est le bien après tout.
Cette réplique exprime une frustration face au potentiel de bonté inexploité chez les gens. L'idée est que la bonté existe, mais elle est le plus souvent cachée ou réprimée. Leland émet l'hypothèse que la croyance en Dieu est peut-être une réaction à la peur du malheur ou même du bonheur. Il suggère que si Dieu n'existait pas, la responsabilité du bien et du mal reposerait entièrement sur l'individu. Par conséquent, si nous faisons le mal, c'est soit par choix, par contrainte, soit par un besoin paradoxal du mal pour définir le bien.
Symboliquement, la réplique explore la dualité complexe de l'âme humaine : le bien contre le mal, la croyance contre l'autonomie. La «bonté enfermée» représente le potentiel inné de vertu et de compassion qui est souvent étouffé par les peurs, les conventions sociales ou les doutes. La figure de Dieu symbolise ici une force extérieure qui décharge l'individu de la pleine responsabilité de ses actions morales. En l'absence de cette figure, l'existence du mal devient un choix conscient et délibéré, ou une nécessité philosophique pour apprécier le bien.
Cette réflexion peut résonner chaque fois que l'on observe des actes d'indifférence ou de cruauté chez des personnes que l'on sait capables de mieux. Elle s'applique aux débats sur la responsabilité individuelle, notamment lorsqu'une personne n'aide pas une autre, bien qu'elle en ait les moyens. On peut la citer en référence à des moments où l'on s'interroge sur les motivations profondes des actions humaines : pourquoi un geste mauvais a-t-il été posé alors que le bien était possible ? Elle est également pertinente dans les discussions sur la foi et l'origine de la morale.
L'idée principale à retenir est que la bonté est un choix actif et que le plus grand obstacle à l'amélioration du monde n'est pas l'absence de bonté, mais son emprisonnement. La réplique nous pousse à réfléchir à la source de notre moralité : est-elle imposée par une doctrine ou est-elle le résultat d'une décision personnelle et courageuse de faire le bien, même si cela implique d'assumer l'entière responsabilité de ses échecs ? Elle suggère que l'être humain est capable de bonté absolue, et que l'échec moral est donc un échec de la volonté.
Cette réplique est prononcée par le personnage de Leland P. Fitzgerald, interprété par Ryan Gosling, dans le film américain The United States of Leland (en français : Le meurtre de l'émailleur), sorti en 2003. Le scénario et la réalisation sont de Matthew Ryan Hoge.
Leland prononce ces mots lors de ses conversations avec Pearl Madison, un professeur et écrivain qui l'interviewe en prison. Leland, un adolescent arrêté pour le meurtre d'un garçon autiste, est souvent dans un état de détachement calme et philosophique. Il tente ici d'expliquer la nature du mal et la raison de son acte. Il ne cherche pas à justifier, mais à analyser l'origine de l'échec moral de l'humanité, y compris le sien, dans un dialogue qui s'apparente à une quête existentielle.
Leland Fitzgerald est un personnage qui, paradoxalement, commet un acte horrible tout en ayant une profonde sensibilité philosophique et une perception aiguë de l'hypocrisie humaine. La réplique est centrale à sa personnalité : il est à la fois l'observateur et l'incarnation de la tragédie de la bonté enfermée. Il semble vouloir prouver un point philosophique à travers son crime : si la bonté est si difficile à manifester, cela doit être dû à une faille fondamentale dans la compréhension humaine du bien et du mal, une faille que l'on pourrait potentiellement attribuer à l'existence même de la religion comme refuge contre la responsabilité morale.
Le thème principal du film est la quête de sens et l'exploration de la sociopathie et de l'apathie chez les adolescents. Le film interroge la facilité avec laquelle le mal peut survenir dans une société apparemment normale. La réplique souligne le thème de l'aliénation et de la difficulté à se connecter aux autres. Le meurtre de Leland est dépeint non pas comme un acte de haine pure, mais comme une tentative tordue d'introduire le malheur pour réveiller la sensibilité et le potentiel humain, dans la lignée de la dernière partie de sa réplique : «on a simplement besoin du mal pour nous rappeler ce qu'est le bien».
La réplique a eu un impact important car elle remet en question des notions fondamentales de la morale de manière simple et directe. Elle est souvent citée dans les discussions sur l'athéisme, la religion et la psychologie du mal. Émotionnellement, elle provoque un malaise car elle suggère que nous sommes collectivement complices de l'emprisonnement de notre propre bonté. Elle est perçue comme un commentaire profond et pessimiste sur la nature humaine, émanant d'un personnage qui a franchi une ligne morale, ce qui lui donne un poids dramatique particulier.
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