Arrêtez les pendules, coupez le téléphone
Empêchez le chien d'aboyer pour l'os que je lui donne ;
Faire taire les pianos et sans roulement de tambour,
Sortir le cercueil avant la fin du jour.
Que les avions qui hurlent au dehors,
Dessinent dans le ciel ces trois mots : Il est mort.
Nouez des voiles noirs aux colonnes des édifices
Gantez de noir les mains des agents de police.
Il était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest.
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit ; ma parole, ma chanson.
Je croyais que l'amour jamais ne finirait :
J'avais tort.
Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye
Démontez la lune, et le soleil,
Videz l'océan, arrachez la forêt ;
Car rien de bon ne peut advenir désormais.
La réplique, qui est en réalité une traduction et adaptation du poème Funeral Blues de l'auteur anglais Wystan Hugh Auden, exprime littéralement un désir d'arrêter le temps et le bruit du monde pour marquer la mort d'un être cher. C'est une injonction à suspendre toute activité normale et tout signe de vie. Le locuteur ordonne de faire taire les sons habituels (pendules, téléphones, aboiements, musique) et d'organiser l'enterrement. Il décrit ensuite l'importance écrasante du défunt dans sa vie, en utilisant des références géographiques et temporelles (Nord, Sud, Est, Ouest, semaine, dimanche, midi, minuit). La phrase J'avais tort marque une rupture brutale, la reconnaissance que l'amour n'a pas été éternel face à la mort. Enfin, il souhaite la destruction des éléments naturels (étoiles, lune, soleil, océan, forêt) car l'existence n'a plus de sens sans l'être aimé.
Le poème symbolise la fin du monde personnel du locuteur. L'ordre d'arrêter les pendules et de démonter les astres est une métaphore de l'arrêt du temps et de la dissolution de l'univers tel qu'il le connaissait. Le défunt n'était pas seulement une personne, mais le centre et l'orientation de la vie du locuteur, son Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest. Le deuil est si intense qu'il rend toute forme de continuité, de beauté ou de bonté dans le monde extérieurement futile. Le blues dans le titre original (Funeral Blues) évoque la mélancolie profonde et le chagrin, un cri d'une âme dévastée par la perte.
Le poème est devenu une référence culturelle majeure, notamment pour les funérailles. Il est souvent cité dans des contextes de deuil ou pour exprimer une perte immense. Les vers Il était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest sont particulièrement repris pour décrire une relation d'une importance capitale dans une vie, même en dehors d'un contexte funèbre. La réplique a popularisé le poème de W.H. Auden auprès d'un large public.
L'idée principale est que le véritable amour submerge tout. Lorsque cet amour est brisé par la mort, le monde perd littéralement ses repères et sa raison d'être pour la personne endeuillée. Le texte rappelle aussi l'importance de chérir les moments, car rien, pas même l'amour le plus fort, n'est à l'abri de la fin.
Cette réplique est une traduction et une légère adaptation du poème anglais Funeral Blues (Chant Funèbre) écrit par le poète britannico-américain Wystan Hugh Auden (1907-1973). Le poème a été initialement publié en 1936.
Dans le film Quatre Mariages Et Un Enterrement (1994), ce poème est lu par le personnage de Matthew (joué par John Hannah) lors des funérailles de son compagnon, Gareth (joué par Simon Callow), qui a subitement succombé à une crise cardiaque. C'est la séquence de l'Enterrement du titre du film.
Matthew, le locuteur, est le partenaire de Gareth. Cette lecture est le moment le plus poignant du film, révélant la profondeur insoupçonnée de leur relation, souvent présentée de manière légère et comique auparavant. Sa voix, vibrante d'émotion retenue, transmet un chagrin déchirant et sincère, donnant une nouvelle dimension de gravité et de tendresse à son personnage et à la thématique de l'amour dans le film.
Le film est une comédie romantique qui explore l'amour sous toutes ses formes. Cette scène d'enterrement sert de contrepoint dramatique essentiel aux mariages et aux quiproquos amoureux légers. Elle rappelle que l'amour est aussi synonyme de perte et de chagrin, ancrant les relations des personnages dans une réalité profonde et universelle, et renforçant la valeur de l'engagement et de l'affection.
L'impact du poème dans le film a été considérable.