C'est douloureux, d'écrire un livre : c'est s'en délivrer.
Le roman prend corps pour ensuite se vêtir. Prenant âme; la poésie demeure nue.
Je définis la culture ainsi : c'est tout ce que les hommes ont imaginé pour façonner le monde, pour s'accommoder du monde et pour le rendre digne de l'homme.
Que de gens sur la bibliothèque desquels on pourrait écrire : "usage externe", comme sur les fioles de pharmacie !
Il est dangereux de prendre pour de la culture le vernis qui dissimule l'imbécile ou le rustre.
Pour les individus, le caractère est le destin. Pour les organisations, la culture est le destin.
L'impression ne mourra jamais. Il n'y a pas de substitut à la sensation d'un livre réel. J'adore tourner physiquement les pages et être capable de souligner des passages et de ne pas craindre de les laisser tomber dans le bain ou de manquer de puissance.
On pense sûrement que je suis une nymphomane dévergondée avec un appétit sexuel insatiable alors que la vérité c'est que je préfère largement lire un livre.
Et puis quoi, qu'importe la culture ? Quand il a écrit Hamlet, Molière avait-il lu Rostand ? Non.
On écrit souvent son premier livre comme un testament.
Un livre n'est excusable qu'autant qu'il apprend quelque chose.
C'est que, si un instituteur ne sait rien, au pire les gens du village n'apprendront pas à lire le journal. Autrefois ç'aurait été un recul, mais à quoi sert aujourd'hui la lecture du journal, puisqu'il n'y a rien dedans à [...] â–º Lire la suite
Si le ministère de la Culture a une responsabilité à l'égard de la beauté, ce n'est certainement pas pour la normaliser, la rendre acceptable, la contraindre, mais au contraire pour permettre qu'elle soit vivante, diverse, vibrante voire insolente.
Dire à un écrivain que son dernier livre est décevant n'est attentatoire ni à la politesse, ni au plaisir de lire. Cela apporte au contraire, du crédit aux éloges.
L'absence peut guérir de l'amour : mais quel remède ! Il est aussi lent que les plus doux et aussi douloureux que les plus vifs.
Il se passe, entre un roman et son lecteur, un phénomène analogue à celui du développement des photos, tel qu'on le pratiquait avant l'ère du numérique.
Il faut pour bien écrire que la nécessité intervienne ; le libre choix paralyse.
A bien prendre les choses, le dictionnaire est le livre par excellence : tous les autres livres sont dedans, il ne s'agit plus que de les en tirer.
- Est ce que tu te souviens la première fois où on s'est rencontrés ? - Pardon ? - Eh bien, j'essayais de me rappeler de notre première rencontre. C'était probablement chez Luke non ? - C'était chez Luke, à l'heure du déjeuner. [...] â–º Lire la suite
Pourquoi je bois ? Pour pouvoir écrire de la poésie.
Le plus important n'est pas ce que nous faisons, mais l'esprit qui nous meut. Faire la lessive ou écrire un roman, bien souvent le romancier sera moins grand et méritant que la femme qui bat son linge.
Ne crayonnez pas dans les marges d'un livre les bêtises que l'auteur a oubliées dans le texte.
Les discours dans notre culture sont du vent avec lequel nous remplissons du vide.
Le but de la civilisation, c'est la culture et le luxe. Une fois ce but atteint, la civilisation se gâte et décline, suivant en cela l'exemple des êtres vivants.
Le Ciel cache à toutes les créatures le livre du destin, excepté la page nécessaire, celle de leur état présent.
Quand on vit dans une énorme insécurité politique et économique, la question de l'identité est très importante. Et l'identité, la culture et l'art sont liés.
L'écriture d'un roman n'est pas fonctionnelle. Le style n'est pas le vêtement mais la peau d'un roman. Il fait partie de son anatomie comme ses entrailles.
Les personnes âgées portent une attention toute particulière à leur anniversaire ; elles sont comme les calendriers : chaque fois que l'on en arrache une page, c'est encore une page de moins alors qu'il n'en reste déjà plus beaucoup.
Parler est bien, écrire est mieux ; imprimer est excellente chose. Car si votre pensée est bonne, on en profite ; mauvaise, on la corrige et l'on profite encore.
La mémoire est un livre qui ne se ferme jamais.
Faute de composer avec le monde, il a bien fallu composer avec le mot.