Jusqu'à Gutenberg, l'architecture est l'écriture principale, l'écriture universelle.
Qu'un écrivain déclare, comme la chose la plus naturelle du monde, qu'il préfère le commerce charnel des très jeunes personnes aux turpitudes classiques de ses contemporains, et il n'en faut pas plus - en pleine société permissive - pour le faire passer pour le Diable dans le Landerneau parisien.
Il y a un moment dans la peinture où le peintre sait que son tableau est fini. Pourquoi, il ne saurait le dire, simplement reconnaître son incapacité soudaine à y modifier quoi que ce soit.
Un langage quelconque ne peut jamais avoir plus de signes que ceux qui l'instituent n'ont d'idées.
Le langage de l'expérience est plus autoritaire que n'importe quel raisonnement: les faits peuvent détruire notre ratiocination - et non l'inverse.
Dans la peinture comme dans les autres arts, il n'y a pas un seul procédé, si petit soit-il, qui s'accommode d'être mis en formule.
Dans mon appétit de lecture il y a un besoin d'évasion. Je suis enserré dans une vie pleine de petits devoirs ennuyeux, je cherche à m'en échapper par des inattentions, des oublis et notamment celui du temps qui s'écoule.
Le langage structure tout de la relation inter-humaine.
Cette écriture classique est évidemment une écriture de classe.
Un classique est un écrivain qui veille sur la tradition.
La peinture est un but en soi. L'affiche n'est qu'un moyen de communication entre le commerçant et le public.
Se sentir écrivain ne dispense pas d'écrire, cela s'éprouve, on ne peut pas se croire sur parole.
La seule écriture valable, c'est celle qu'on invente... C'est ça qui rend les choses réelles.
Pour faire passer une idée, une bombe de peinture est plus efficace qu'une bombe au napalm.
Croire en Dieu, c'est vivre par quelque chose qui n'existe d'aucune manière dans le monde, sinon dans le langage ambigu de ces phénomènes que nous appelons chiffres ou symboles de la transcendance.
Un sentiment très fort chez moi, c'est l'étonnement. J'en ai un autre, un peu vieillot, l'admiration. J'ai longtemps passé pour un écrivain du bonheur. C'était un peu usurpé.
Les fleurs n'ont-elles pas un langage qui supplée à la timidité comme à la hardiesse des sentiments de celui qui les offre ?
Un écrivain ne lit pas ses confrères, il les surveille.
Le langage est l'équivalent pour la bouche vide du rêve pour les yeux fermés.
Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l'autre. C'est comme si j'avais des mots en guise de doigts, ou des doigts au bout des mots.
Un projet de société se définit par la place qu'il attribue à l'homme, et par la relation qu'il établit entre l'individu et la collectivité.
Le langage du dessin offre des possibilités infinies, ce qui est rare.
Cette frontière-là, entre les lecteurs et les autres, est plus fermée encore que celle de l'argent. Celui qui est sans argent manque de tout. Celui qui est sans lecture manque du manque.
Le langage est la demeure de l'âme.
Le seul vrai langage au monde est un baiser.
Un écrivain véritable c'est quelqu'un ou quelqu'une dont l'écriture est un cocktail explosif, dont chaque mot est un siège éjectable pour le regard, et qui respire avec des accents graves, aigus ou circonflexes.
Une culture qui ne favorise que l'un des deux éléments - la lecture ou la boisson - ne pourra un jour ou l'autre que s'assécher ou se noyer.
Un écrivain [...] exprime toujours dans ses oeuvres quelque chose d'intemporel.
Que la science que nous acquérons par la lecture ne soit pour nous que le ciseau du sculpteur ; qu'elle nous aide à tailler le bloc de pensées et de sentiments qui fait le fond de nous-mêmes.
La lecture a été quelque chose de magique pour moi. Il faut une vraie magie pour envisager un autre monde et essayer de le comprendre. Et une fois qu'on l'a compris, le changer.
Le langage réalise, en brisant le silence, ce que le silence voulait et n'altérait pas.