A quoi sert de parler lorsqu'on a si peu à vivre ?
Une conscience peut toujours parler d'égale à égale à une autre conscience.
On considère le chef d'entreprise comme un homme à abattre, ou une vache à traire. Peu voient en lui le cheval qui tire le char.
Hommes et femmes, ils étaient beaux et sauvages, tous un peu violents sous leurs manières agréables et peu apprivoisés.
Le vice, c'est le mal qu'on fait sans plaisir.
L'ami est rare, en soi. C'est plutôt une figure abstraite, une projection imaginaire ou une mythologie adaptée tant bien que mal à la vie ordinaire. L'ami n'existe pas, en fait, c'est un nom commode donné à quelques-uns.
C'est un peu de nous tous en celui qui s'en va et c'est en celui qui naît un peu de nous tous qui devient autre.
Si tu désires peu de choses, ce peu te semblera beaucoup, car des désirs peu exigeants donnent autant de force à la pauvreté qu'à la richesse.
Quand il y a le silence des mots, se réveille trop souvent la violence des maux.
On peut réfuter des affirmations, mais qui peut réfuter le silence ?
Le bibliophile est à peu près à la littérature ce que le philatéliste est à la géographie.
La forêt, c'est encore un peu du paradis perdu. Dieu n'a pas voulu que le premier jardin fût effacé par le premier péché.
L'ordinateur ne peut que restituer, sous une forme plus ou moins élaborée, les concepts que le chercheur y a introduits. Il est incapable de faire preuve d'intuition, démarche subtile encore mal comprise qui seule peut conduire à la découverte.
Il y a peu d'hommes méchants, mais nous sommes insuffisamment intelligents et hardis, sans doute par manque d'amour.
Tous les jours je me dis que j'ai de la chance d'avoir une vie aussi facile. J'ai l'impression que c'est un peu un cadeau du bon Dieu.
A quoi ça sert d'oublier ? Ça ne règle rien. Le passé peut aider à comprendre le présent. A se connaître aussi.
C'est ignoble une collectivité, peu importe le nom que tu lui donnes : elle attend de nous des gestes, des actes. Elle nous impose le monde puis elle exige que nous fassions nos preuves.
La sagesse vient à nous lorsqu'elle ne sert à rien.
Un Shakespeare, un Newton, un Franklin, etc. Pourquoi sont-ils si peu nombreux, s'il est égal à Dieu de créer un génie ou un crétin ?
L'important n'est pas de bien ou mal parler mais de parler.
C'est dans la langue dite "étrangère" que je deviens de plus en plus transfuge.
C'est toujours un péché de dire du mal de quelqu'un mais c'est rarement une erreur.
Je veux ensevelir au linceul de la rime,Ce souvenir, malaise immense qui m'opprime.Quand j'aurai fait ces vers, quand tous les auront lus,Mon mal vulgarisé ne me poursuivra plus.
C'est peu de chose, une vie qui se déroule au fil des pages d'un cahier noir.
Chose mal acquise ne vint jamais à bonne fin.
Le roman rend aussi le silence : ce qui se dit lorsqu'il ne se dit rien, et là-dedans chacun voyage.
C'était un silence de bibliothèque. S'asseoir dans ce silence des livres, sans rien faire ni rien dire, donnait déjà l'impression d'avoir lu.
Le non-sens est plus proche du réel que la raison, qui ne sert qu'à l'endurer.
La mort sans l'Eglise est sans grandeur. Elle a l'air un peu d'une formalité administrative, d'une opération d'arithmétique physiologique, d'une soustraction charnelle : Un tel y était. Il n'y est plus. Ca fait moins un. A qui le tour ?...
Il n'est jamais plus difficile de bien parler que quand on a honte de se taire.
L'homme s'ennuie du bien, cherche le mieux, trouve le mal et s'y soumet, crainte du pire.