Existe-t-il au monde un homme qui sache bien comment il est et ce qu'il fait quand il dort ?
Par toute son éducation, par tout ce qu'il voit et entend autour de lui, l'enfant absorbe une telle somme de sottises, mélangés à des vérités essentielles, que le premier devoir de l'adolescent qui veut être un homme sain est de tout dégorger.
La religion des grands consiste pour l'ordinaire à servir Dieu, sans désobliger le diable.
La féerie est un monde vivant que l'imagination de l'enfant est seule capable de créer à sa démesure ; les fées ont été inventées par les adultes pour tuer la féerie des lieux.
Aider un homme est une entreprise solitaire, à chacun particulière, chaque fois irremplaçable.
On trouve dans la Bible beaucoup de situations du monde moderne. Par exemple, Noé, cherchant pendant quarante jours une place pour se garer.
La fierté, c'est une question d'avenir en réserve, et tout le monde en a un peu, même si le passé n'a pas fait ses preuves.
Le monde se fait rêve ; et rêver devient monde.
S'il est vrai que je suis poète par la grâce de Dieu - ou du diable -, je le suis aussi par la grâce de la technique et de l'effort.
Et je lui souris. Pas le sourire standard de l'hypermarché ; le sourire que son fils m'a rendu, ce sourire qui chasse les peurs, les remords et les drames, qui réenchante le monde et détourne le malheur vers les méchants et les tristes. Mon sourire de fée.
Être bon représente une aventure autrement violente et osée que de faire le tour du monde à la voile.
Selon la loi qui veut qu'on ne prêche que des convertis, un critique ne peut avoir d' « influence » sur ses lecteurs que pour autant qu'ils lui accordent ce pouvoir parce qu'ils sont structuralement accordés à lui dans leur vision du monde social, leurs goûts et tout leur habitus.
Il suffit d'un seul homme pour en déranger un autre, pour lui faire douter de ce qu'il est et de ce qu'il vaut.
Nous ne maîtrisons que ce que nous trouvons finalement ridicule, c'est seulement lorsque nous trouvons le monde et la vie qu'on y mène ridicules que nous avançons, il n'y a pas d'autre, pas de meilleure méthode.
La mort d'un homme est d'avantage l'affaire des survivants que la sienne.
La femme moyenne passe environ 5.000 heures par an à s'inquiéter de ses ongles ; en 40 ans je n'ai jamais entendu aucun homme s'extasier sur les ongles d'une femme.
Le monde va être jugé par les enfants.
Je veux décevoir tout le monde pour pouvoir jouir d'une liberté de ton et d'esprit. Pour pouvoir passer au crible tous les pouvoirs, toutes les religions, et toutes les institutions.
Le temps n'a pas la même allure pour tout le monde !
On jugerait bien plus sûrement un homme d'après ce qu'il rêve que d'après ce qu'il pense.
Il ne faut point vouloir juger. On peut à peine comprendre son prochain. En se penchant sur son semblable tout n'est que reflets ou leurre, vu que chaque homme a sa vérité propre et qu'aucune vérité n'est de ce monde.
Rarement homme s'enrichit sans tromper son prochain.
Le monde appartient à ceux qui partent à sa conquête armés de confiance en eux et de bonne humeur.
Il était prêt à aller au bout du monde pour la chercher. Mais le monde a bien des bouts, par cela même qu'il est rond; de sorte qu'il ne savait de quel côté se tourner.
Dire que le Monde est absurde revient à dire qu'il est inconciliable à la raison humaine.
Plus un homme est bête et moins l'existence lui semble mystérieuse.
Je ne suis pas pour l'entraînement. Ma philosophie : pas de souffrance, pas de souffrance.
C'est faire en homme sage de ne parler jamais en superlatifs, car cette manière de parler blesse toujours, ou la vérité, ou la prudence.
Qui parle du Diable en voit bientôt la queue.
Aucune décision sensée ne peut plus être prise sans tenir compte non seulement du monde tel qu'il est, mais du monde tel qu'il sera.
La philosophie donne des réponses incompréhensibles à des questions insolubles.