L'ordre social ne vient pas de la nature ; il est fondé sur des conventions.
Il existe dans le coeur humain un désir de tout détruire. Détruire c'est affirmer qu'on existe envers et contre tout.
Il faudrait avoir complètement oublié l'histoire de la science pour ne pas se souvenir que le désir de connaître la nature a eu la plus constante et la plus heureuse influence sur le développement des mathématiques.
Vis-à-vis des femmes, on en est réduit par l'ordre social à ne jamais être que mendiant ou voleur.
L'amour est muet, dit Novalis ; seule la poésie le fait parler.
La poésie est quelque chose de plus philosophique et de plus grande importance que l'histoire.
Immédiatement après l'auteur d'un bon mot, vient le premier qui le cite.
La patience vient à bout de tout. Elle use les coeurs, et les volontés, plus sûrement que l'eau la pierre.
Le monde humain trompe par un commerce de grimaces.
Les attitudes, gestes et mouvements du corps humain sont risibles dans l'exacte mesure où ce corps nous fait penser à une simple mécanique.
Pauvres artistes, la gloire leur vient quand ils sont enterrés !
Tout mariage est une rencontre dramatique entre la nature et la culture, entre l'alliance et la parenté.
La crédulité est un des plus grands défauts que l'esprit humain puisse avoir.
Toute beauté morale est accomplie en ce monde par cette sagesse inconcevable qui vient de Dieu et ressemble à la folie.
Je vis partout le développement de son grand principe que la nature a fait l'homme heureux et bon, mais que la société le déprave et le rend misérable.
Il n'y a pas de fatalité extérieure. Mais il y a une fatalité intérieure : vient une minute où l'on se découvre vulnérable ; alors les fautes vous attirent comme un vertige.
En poésie nous avons des droits sur les paroles qui forment et défont l'Univers.
Dis-moi un peu d'où vient cette manie de n'être jamais ce qu'on est ?
Ah ! La jeunesse, l'immortelle poésie du coeur !
Le corps humain doit être allergique à l'air puisqu'il le recrache dès qu'il en avale.
Les passions sont toutes bonnes de leur nature et nous n'avons rien à éviter que leurs mauvais usages ou leurs excès.
Je ne suis pas un oiseau ; et aucun filet ne me prend au piège ; Je suis un être humain libre avec une volonté indépendante.
La beauté de la poésie est que la création transcende le poète.
Les masses peuvent être magnétisées mais le social les enveloppe comme une électricité statique et la plupart du temps elles font masse, c'est-à-dire qu'elles absorbent toute l'électricité du social et du politique.
Le mécontentement ne vient pas avec l'échec, qui incite à la patience, mais avec le succès qui rend exigeant.
La poésie est une insurrection contre la société.
Une seule idée de l'esprit humain peut construire des villes. Une idée peut transformer le monde et réécrire toutes les règles.
On n'est pas toute sa vie à l'école, vient l'âge où il faut mettre en pratique.
Je ne pense pas que la popularité doive être recherchée, elle vient tôt ou tard à ceux qui la méritent, mais la chercher est indigne d'un homme.
Quand l'esprit ne résiste plus, qu'il ne fuit ni ne blâme ce qui est, mais se contente d'être conscient avec passivité, il s'aperçoit que, dans cette passivité même, vient une transformation.
Qu'est-ce que la poésie ? Une pensée dans une image.