La mémoire, c'est comme l'écho qui continue à répercuter après que le son s'est éteint.
Il faut tout dire : le travail donne une satisfaction un peu béate. Il y a dans la paresse un état d'inquiétude qui n'est pas vulgaire, et auquel l'esprit doit peut-être ses plus fines trouvailles.
Le plaisir crée entre le monde et nous un état d'harmonie où la conscience tend à se dissoudre.
Le meilleur souvenir que garde une femme d'une liaison, c'est l'infidélité qu'elle lui a faite.
Personne n'ose chercher le vrai... Ceux qui, cependant, le cherchent n'osent pas le trouver... Ceux qui le trouvent n'osent pas le dire... Ceux qui le disent ne sont pas écoutés... Ceux qui écoutent ne sont pas en état d'agir.
L'imagination c'est de la mémoire fermentée. Quand on perd la mémoire on perd sa faculté d'imaginer.
La mémoire des bienfaits ne doit pas vieillir.
Notre bonheur ne peut pas venir de ceux qui ont profité de notre esclavage, de ceux qui ont profité de notre état de dépendance.
L'écrivain est peut-être un politicien fourvoyé dans un état social qu'il n'a pas choisi mais dont il se sert comme d'une tribune...
Les choses ne sont pas difficiles à faire, ce qui est difficile c'est de nous mettre en état de les faire.
Gardons-nous d'annoncer la vérité à ceux qui ne sont pas en état de l'entendre, car c'est y vouloir substituer l'erreur.
L'instinct n'est que la mémoire de l'espèce transmise de génération en génération.
A quoi bon se rappeler ce qui n'est pas lié au plaisir ? Le souvenir est l'un des alliés les plus indispensables de la volupté.
Pourquoi attendre que l'instant soit souvenir pour l'apprécier ?
La mémoire est préférable à un grand amas de livres.
D'être né en 1945, après que des villes furent détruites et que des populations entières eurent disparu, m'a sans doute rendu plus sensible aux thèmes de la mémoire et de l'oubli.
Le Ciel cache à toutes les créatures le livre du destin, excepté la page nécessaire, celle de leur état présent.
La liberté est le but de la vie. Les restrictions n'ont de raison d'être que pour atteindre un état de parfaite libération.
La poésie est mémoire baignée de larmes. La musique est mémoire de la mer.
Nul médecin ne fera du choléra un état agréable et nul politicien ou sociologue ne bannira la lutte et la souffrance du monde.
La mémoire de l'amour est la plus trompeuse qui soit, c'est la seule qui ne sait pas se rappeler.
C'est souvent à cause d'un souvenir particulièrement mortifiant que l'on cherche davantage le pardon que l'amour.
Le soleil c'est comme la mort, on ne peut le narguer trop longtemps, ça éteint les yeux.
Pendant une guerre, le présent, le passé sont parfois si proche qu'ils se confondent et on en sait où commence le souvenir et où finit le présent.
Le chagrin n'est pas un état mais un processus.
Le souvenir est à peine un nénuphar montrant, parmi les eaux, son visage de noyé.
J'écris particulièrement du milan parce que c'est mon destin. Au plus lointain souvenir de mon enfance, je me souviens qu'étant au berceau, un milan vient à moi et m'ouvrit la bouche avec sa queue, et plusieurs fois me frappa ainsi de sa queue entre les lèvres.
En quelque état de misère que ce soit la beauté a cela de particulier, qu'elle attire les yeux de tout le monde.
Le souvenir d'un amour révolu, lorsqu'il demeure fortement dans la mémoire, n'est pas moins absorbant que ne l'était cet amour même.
L'espoir est une mémoire qui désire.
Notre tête ne serait-elle pas assez grande pour contenir à la fois la mémoire et imagination ?