La politique ce n'est pas une science exacte, c'est une science humaine.
La science est un danger public. Elle est aussi dangereuse qu'elle a été bienfaisante.
La politique consiste dans la volonté de conquête et de conservation du pouvoir ; elle exige, par conséquent, une action de contrainte ou d'illusion sur les esprits, qui sont la matière de tout pouvoir.
Tout mouvement politique est fondé sur le kitsch, sur la volonté de séduire.
L'économie restera la science principale tant qu'on n'arrivera pas à se nourrir d'air et de vent.
La musique n'a pour ainsi dire point de réalité ; elle n'imite pas, elle exprime. La musique est à la fois une science comme l'algèbre, et un langage psychologique auquel les habitudes poétiques peuvent seules faire trouver un sens.
La logique mène quelque part. Rigoureuse, elle a conduit assez souvent la politique à améliorer le sort des hommes en les faisant mourir.
Méfie-toi de la dictature qui sommeille, le bruit des bottes est un mauvais réveil.
Le cynisme c'est l'arme politique des gueux éduqués.
La grande réforme politique du siècle dernier a consisté à accorder le droit de vote à un nombre toujours accru de citoyens. Désormais la grande réforme politique de ce siècle voulue par les Tories consiste à permettre l'accès à la propriété à un nombre toujours accru de ces mêmes citoyens.
La pudeur des femmes n'est que leur politique ; tout ce qu'elles cachent ou déguisent n'est caché ou déguisé que pour en augmenter le prix quand elles le révèlent.
La bonne politique est de faire croire aux peuples qu'ils sont libres.
Un peuple est pacifique aussi longtemps qu'il se croit assez riche et redouté pour installer sournoisement sa dictature économique.
Chacun de mes contacts avec la politique m'a donné l'impression d'avoir bu dans un crachoir.
On peut se demander si la politique ne favorise pas essentiellement des travers masculins chez les femmes.
L'ingrédient essentiel de la politique est le timing.
Les grandes idées ont besoin de silence, de douceur, elles ont besoin qu'on les mette en confiance : il y a un côté réfugié politique dans une bonne idée de roman.
90% de tous les hommes de science que la terre ait jamais connus sont actuellement en vie.
Vous avez beau ne pas vous occuper de politique, la politique s'occupe de vous tout de même.
Si la physique n'avait d'autres inventions que celles de la poudre et du feu grégeois, on ferait fort bien de la bannir comme la magie.
L'un des préjudices d'avoir refusé de prendre part à la vie politique est que vous finissez par être gouverné par vos subordonnés.
La physique nucléaire est bien plus facile à comprendre qu'une feuille d'imposition. Les opérations sont logiques et se font toujours de haut en bas.
Ne croyez jamais une chose en politique aussi longtemps qu'elle n'a pas été démentie.
Les plus grands hommes en politique (comme à la guerre) sont ceux qui capitulent les derniers.
L'économie politique n'a pas, dans tout son vocabulaire, un mot qui ait autant excité la fureur des réformateurs modernes que le mot Concurrence, auquel, pour le rendre plus odieux, ils ne manquent jamais d'accoler l'épithète : anarchique.
Je crois que notre société industrielle souffre d'un malaise fondamental, qui est d'ordre moral et politique et se résume à ceci que l'individu n'a de pouvoir que dans le rôle irresponsable du consommateur.
L'art, c'est le coeur de l'humanité, la science en est le cerveau, l'industrie les bras et les mains, le commerce les pieds - et la politique et le gouvernement l'estomac.
La souffrance physique se supporte si elle accompagne le succès d'un long effort.
Toute science a la voracité destructrice d'un rite obsessionnel.
La politique a sa source dans la perversité plus que dans la grandeur de l'esprit humain.
Le plaisir physique n'a qu'un rang subordonné aux yeux des âmes tendres et passionnées.