La pudeur n'est faite que pour les laides ; c'est une invention moderne et chrétienne.
Quand même Dieu n'existerait pas, la religion serait encore sainte et divine.
Si paradoxal que cela puisse paraître, le mythe ne cache rien : sa fonction est de déformer, non de faire disparaître.
Aliénant et culpabilisant pour les femmes, le mythe de l'instinct maternel se révèle ravageur pour les enfants, et en particulier pour les fils.
Là où la religion n'a pas pénétré les lois et les moeurs d'un peuple, l'administration des cultes n'est que boutique.
Nietzsche avait vu juste, avec son flair de vieille pétasse, le christianisme était au fond une religion féminine.
La mort chrétienne présentée comme une fausse mort constitue peut-être la dernière tromperie d'une existence fertile en canulars et semée de contrevérités.
Ne serait-ce qu'en terme d'allocation du temps, la religion n'est pas très efficace. Il y a tellement d'autres choses à faire le dimanche matin.
Au contraire, de toutes les choses humaines, dont la nature est de périr dans les tourments, la véritable religion s'accroît dans l'adversité : Dieu l'a marquée du même sceau que la vertu.
Quand le mythe se transforme en réalité, à qui revient la victoire : aux matérialistes ou aux idéalistes ?
C'est lorsque la religion atteint son apogée, sa plus haute puissance, qu'elle fait commettre le plus de crimes.
L'esprit moderne est en plein désarroi. La connaissance s'est étendue au point où ni le monde ni notre intelligence ne peuvent prendre pied. C'est un fait que nous souffrons de nihilisme.
La montre molle est une invention de Salvador Dali, particulièrement adaptée aux horaires souples et aux journées élastiques, mais inutilisable quand les temps sont durs.
Télescope. Invention qui est à l'oeil ce que que le téléphone est à l'oreille, en ceci qu'il permet à des objets lointains de venir nous agresser avec une multitude de détails inutiles.
L'abus de la religion la plus sainte produit de grands crimes.
Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n'exprime finalement que son désir de dormir.
Je ne me querellerais pas plus avec une personne à cause de sa religion que son art.
La religion sans la conscience morale n'est qu'un culte superstitieux.
Le nationalisme moderne est une réaction de défense contre l'emprise brutale de la civilisation.
L'état moderne ne se tient debout que par un miracle de déséquilibre.
Car une photo a toujours pour effet de fixer le temps sur une pellicule, où certains craignent de faire l'impitoyable découverte du temps perdu.
La religion fait partie de la culture, non comme dogme, ni même comme croyance, comme cri.
Le seul engin moderne efficace, c'est l'argent ; le seul moyen de vaincre dans un monde corrompu.
Une civilisation débute par le mythe et finit par le doute.
Le mythe prive l'objet dont il parle de toute histoire. Car la fin même des mythes, c'est d'immobiliser le monde.
Ce prétendu progrès moderne dans l'ordre politique n'est donc qu'une évolution, un accident de ce moment précis. Nous pouvons demain embrasser le despotisme avec la fureur que nous avons mise à nous rendre indépendants de tout frein.
L'Etat moderne s'est construit sur le fait qu'il nous donne la sécurité en échange de notre obéissance.
La science sans religion est boiteuse, la religion sans science est aveugle.
En France, il y a toujours eu deux tabous, la religion et l'armée. Pour l'armée, ça s'est un peu tassé depuis que la conscription a été supprimée. En revanche, ça ne s'est pas calmé avec les religions.
La vie est ce qui compte, la vie seule - le processus continu et éternel de découverte de la vie - et non la découverte elle-même.
Ainsi voyez comme à partir de la découverte de l'imprimerie, l'architecture se dessèche peu à peu, s'atrophie et se dénude.