Le philosophe est le marchand de sommeil des élites.
Où la pensée se raffermit, l'épithète se raréfie.
Il serait sage de ne pas aimer les femmes que l'on possède et de ne pas posséder les femmes que l'on aime.
L'âge n'est qu'un simulacre. Au plus profond de soi, il n'y a de vif et de vrai que son enfance et sa jeunesse.
Le sage n'a ni maison, ni parenté, ni patrie.
Une fille sage embrasse mais n'aime pas, écoute mais ne croit pas et s'en va avant qu'elle ne soit quittée.
Les hommes dans leur sommeil travaillent fraternellement au devenir du monde.
Il n'y a pas de pensée sans corps, mais en même temps, il n'y a pas non plus de corps sans pensée.
Le sommeil et la mort sont des frères jumeaux.
Quand les élites politiques se comportent d'une manière irresponsable, c'est l'esprit public qui se dégrade.
Si déjà une sensation est un extrait falsifié du réel, qu'est donc une pensée ?
Je n'appartiens à personne ; quand la pensée veut être libre, le corps doit l'être aussi.
Il ne faut pas être sage plus qu'il ne faut, mais l'être avec modération.
Même si vous ne vous arrêtez et ne vous concentrez que sur votre respiration pendant quelques respirations, ou pendant une minute ou deux, c'est très précieux.
L'homme le plus sage n'est jamais suffisamment prévenu contre sa propre vanité.
L'hypocrisie est une respiration sans laquelle la vie en société serait impossible.
Une pensée qui me laisse parfois perplexe : Suis-je - ou les autres sont-ils fous ?
La mort n'est-elle pas cela justement, un sommeil sans obligation et sans peine.
La pensée de la mort nous trompe, car elle nous fait oublier de vivre.
Je ne pense pas beaucoup à un homme qui n'est pas plus sage aujourd'hui qu'il ne l'était hier.
La rigueur morale et la hauteur de pensée se chevauchent comme des bêtes.
Toutes les déceptions de pensée et d'espérance, tout cela est secondaire. Le seul malheur irréparable, c'est la mort de ceux qu'on aime.
Je mange quand j'ai faim Je dors quand j'ai sommeil Le sot se rit de moi Le sage me reconnaît.
Sous le pont de BercyUn philosophe assisDeux musiciens quelques badaudsPuis les gens par milliersSous le ciel de ParisJusqu'au soir vont chanterHum HumL'hymne d'un peuple éprisDe sa vieille cité.
La pensée qu'on avait écartée et qui revient, il faut y prendre garde : elle veut vivre.
Maman entre sans bruit pour me border, elle s'éloigne sur la pointe des pieds. Du fond de mon sommeil j'entends son pas qui résonne, décroît, comme les notes d'argent d'une musique très précieuse, très ancienne... Je suis un enfant.
Le sage se réfugie dans les livres des Anciens et n'y apprend que de froides abstractions ; le fou, en abordant les réalités et les périls, acquiert à mon avis le vrai bon sens.
La mort ne peut être pensée puisqu'elle est absence de pensée. Il faut donc vivre comme si nous étions éternels. Ce qui, pour chacun de nous, mais pour lui seul, est vrai.
Il n'y a point de plus sage abbé que celui qui a été moine.
Ceux qui savent ne parlent pas, ceux qui parlent ne savent pas. Le sage enseigne par ses actes, non par ses paroles.
En somme, les plus purs chefs-d'oeuvre sont ceux où l'on ne trouve plus aucun déchet inexpressif de formes, de lignes et de couleurs, mais où tout, absolument tout se résout en pensée et en âme.