C'est dans et par le langage que l'homme se constitue comme sujet.
Je trouve que la communication en tant qu'acteur et personne est une partie importante de qui je suis. Et je suis vraiment attiré par la psychologie de ces dynamiques.
La société ne fait qu'établir une communication entre les hommes du monde : elle est une organisation de la vie en masse.
Dans sa bonté infinie, Dieu a donné la pluie aux Anglais afin de leur fournir pour l'éternité un sujet de conversation.
Le sujet de l'inconscient est à situer comme ex-sistant ; c'est-à-dire situé à une place excentrique.
Après un jour de pluie, un jour de pluie. La séquence logique du temps se manifeste dans le gris du ciel ; toutefois, le soleil se laisse deviner derrière les nuages, et l'homme espère que le beau temps vienne après la pluie et que le soleil dissipe la grisaille des nuages.
Le retour en force du naturalisme, remettant à l'honneur le concept bien usé d'instinct maternel et faisant l'éloge du masochisme et du sacrifice féminins, constitue le pire danger pour l'émancipation des femmes et l'égalité des sexes.
Comme la musique et l'art, l'amour de la nature est un langage commun qui peut depasser les frontières politiques ou sociales.
Chaque poète se taille un langage dans le langage comme s'il découpait un étendard dans le parquet de l'univers, un tapis volant, un autre monde, un Mexique, un lexique. Mais c'est l'ensemble du langage ainsi, qu'il pervertit, déroute, exalte et restitue.
Richard Wagner a « refrappé l'art à son image » ; sa formule a réalisé d'une façon nouvelle et puissante l'union intime des arts différents dont l'ensemble constitue le drame lyrique. Soit. Cette formule est-elle définitive, est-elle la Vérité ?
La logique n'observe pas, n'invente pas, ne découvre pas ; elle juge.
Pourquoi parler ? Pourquoi se mettre en communication avec cet éteignoir de tout enthousiasme et de toute sensibilité : les autres ?
Seul le dépaysement constitue un remède à la douleur.
Le langage et l'outil sont l'expression de la même propriété de l'homme.
Rien ne m'exaspère davantage que les gens qui parlent sans cesse d'eux-mêmes sous prétexte que c'est le seul sujet qu'ils connaissent. On perd, en les écoutant, un temps précieux qu'on pourrait consacrer à sa propre personne.
L'écriture, la belle écriture, celle qui a résisté à l'usure du temps et que je lis, ne fixait que des paroles importantes, et dans des formes artificielles, le latin ou bien ce langage sophistiqué que l'on employait dans les réunions mondaines.
Quel que soit le sujet de la conversation, un vieux soldat parlera toujours de guerre.
Le langage reproduit le monde, mais en le soumettant à son organisation propre.
A force de parler le langage de l'ennemi, les idéologues changent d'idées.
Il n'y a dans la vertu, nul sujet de craindre aucun excès, parce qu'elle porte en elle-même la juste mesure.
Chacun lutte comme il peut contre l'angoisse de la mort et la solitude ; tracer des mots pour les écarter ne constitue pas l'un des plus mauvais moyens inventés par l'Homme.
Trouver son style, pour un auteur, peut signifier ceci : dynamiter le langage commun.
C'est un extrême malheur d'être sujet à un maître, duquel on ne se peut jamais assurer qu'il soit bon, puisqu'il est toujours en sa puissance d'être mauvais quand il voudra.
L'homme est sujet à l'erreur. Mais s'il veut vraiment commettre la gaffe absolue, alors là, il lui faut un ordinateur.
Nous n'aurions plus rien d'humain si le langage en nous était en entier servile.
Quel mal y-a-t-il pourtant à ce que je m'éloigne de la logique ?Je travaille la matière première. Je suis derrière ce qui est derrière la pensée.
Nous jouons sur la fragilité de caractère des individus dans le but d'ouvrir aux techniques de communication de nouveaux marchés.
Jamais il ne s'était vu un coeur plus simple. Le langage moderne a déshonoré, autant qu'il a pu, la simplicité. C'est au point qu on ne sait même plus ce que c'est. On se représente vaguement une espèce de corridor ou de tunnel entre la stupidité et l'idiotie.
Le langage est notre corps et notre air, notre monde et notre pensée, notre perception et notre inconscient même.
Une porte constitue toujours une sorte de frontière et Raymond Devos a raison de dire que nos passeports sont toujours des passe-portes
Si l'écrivain ne veut pas se retrouver au musée de civilisation antique, il devra se familiariser avec les moyens de communication de masse.