Cette citation de Georges Clemenceau signifie qu'il faut adopter une attitude de maîtrise et de contrôle lorsque l'on est confronté à des situations ou des événements qui nous échappent. Au lieu de montrer de la confusion ou de la panique, il est conseillé de faire semblant d'avoir planifié ou orchestré ces événements. C'est une stratégie visant à conserver son autorité, sa crédibilité, et son ascendant, notamment en politique ou dans des rôles de leadership.
Bien que radicale, la maxime s'applique dans des situations où il est crucial de garder une apparence de calme et de résolution :
Cette stratégie, bien qu'efficace pour l'image, présente des limites importantes :
La leçon principale à tirer est l'importance de la posture du leader face à l'adversité. Quand le chaos menace, il faut privilégier l'action et la maîtrise de soi plutôt que la passivité. Il ne s'agit pas de nier la réalité, mais d'affirmer sa capacité à la dominer, au moins en apparence, pour maintenir le cap et l'espoir.
Cette idée se rapproche de la philosophie de la volonté de puissance (Nietzsche) où l'affirmation de soi est primordiale. Elle est également très liée au concept de l'art de la guerre (Sun Tzu) où la tromperie et la maîtrise des apparences sont des armes stratégiques. En politique, on la relie souvent au "Machiavélisme", où l'apparence est plus importante que la réalité pour conserver le pouvoir.
Il est difficile de dater précisément l'origine de cette formule, mais elle est attribuée de manière constante à Georges Clemenceau. Elle est souvent citée comme l'une de ses pensées les plus cyniques et réalistes sur l'exercice du pouvoir.
L'auteur est Georges Clemenceau (1841-1929), homme d'État français majeur de la Troisième République. Surnommé le "Tigre" pour son caractère et sa détermination, il fut Président du Conseil (Premier ministre) à deux reprises. Il est surtout célèbre pour avoir mené la France à la victoire lors de la Première Guerre mondiale.
La citation trouve un écho particulier dans le contexte de la vie politique intense et souvent imprévisible de la Troisième République française, où les crises et les retournements de situation étaient fréquents. Clemenceau, connu pour son pragmatisme et son réalisme politique, a souvent dû prendre des décisions fortes face à des événements qui menaçaient l'unité nationale ou l'effort de guerre. Cette formule reflète son approche d'un pouvoir assumé, même face à l'incertitude et au chaos.