J'allume du feu dans l'été,Dans l'usine je suis poète;Pour les pitres je fais la quête.Qu'importe! J'aime la beauté.
Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l'accusez pas. Accusez-vous vous-même de ne pas être assez poète pour appeler à vous ses richesses.
Le courage est la grâce sous pression.
Jeune, on se passe très aisément d'esprit dans la beauté qu'on aime, et de bon sens dans les talents qu'on admire.
La femme moyenne préfère avoir plus de beauté que le cerveau, car l'homme moyen peut voir mieux qu'il ne le pense.
L'expérience est plus utile qu'on ne le dit : grâce à elle, nous pouvons prévoir les fautes dans lesquelles nous ne manquerons pas de retomber.
Et si dans notre époque de quasi-nains, le scandale colossal d'avoir du génie nous permet de ne pas être lapidés comme des chies pi de crever de faim, ce ne sera que par la grâce de Dieu.
Un recueil de pensées ressemble à ces lignes militaires trop étendues que l'ennemi peut percer en mille endroits.
La beauté n'est pas négociable, puisque personne ne peut lui offrir l'équivalent de ce qu'elle est.
Pour le pire type d'homme, la beauté est la qualité qui, avec l'argent, est la plus attirante.
La douceur est une énigme. Incluse dans un double mouvement d'accueil et de don, elle apparaît à la lisière des passages que naissance et mort signent.
Plus d'une chose insignifiante a pris de l'ampleur grâce à une bonne publicité.
Un enfant, c'est le dernier poète d'un monde qui s'entête à vouloir devenir grand.
La sainteté, c'est la grâce de faire les plus humbles choses sous le signe de l'éternité.
La beauté finit en laideur, le destin de la jeunesse est d'être flétrie, la vie n'est qu'un lent pourrissement, nous mourons chaque jour.
Ce que nous appelons la grandeur et la beauté n'appartient en propre à personne. Les créateurs sont les passeurs de l'anonyme.
Après tout peut-être que la grandeur de l'art réside dans la tension perpétuelle entre la beauté et la douleur, l'amour des hommes et la folie de la création, la solitude insupportable et la foule épuisante, le rejet et le consentement.
Le poète a reçu de la nature la qualité qui distingue l'homme de génie : l'imagination.
Vers de mauves lointains d'une douceur fanéeMon âme s'est perdue ; et l'Heure enrubannéeSonne cent ans à la pendule surannée...
L'art de la cuisine, qui transcende les produits de la terre et de la mer, et l'art de la médecine, qui soulage et guérit grâce à ces mêmes produits, sont également indispensables à la vie.
Confiance : sentiment par lequel les salauds nous trompent et grâce auquel nous trompons les gogos.
La familiarité du monde ne résulte pas seulement d'habitudes prises dans ce monde, qui lui enlèvent ses rugosités et qui mesurent l'adaptation du vivant à un monde dont il jouit et dont il se nourrit. La familiarité et l'intimité se produisent comme une douceur qui se répand sur la face des choses.
Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir.
La beauté est pire que le vin : elle enivre et le possesseur et le spectateur.
Les yeux braqués sur l'Avenir, le poète espère un hier présent et un présent pas trop imparfait.
C'est l'étrangeté ajoutée à la beauté qui confère un caractère romantique à l'art.
Nulle beauté n'est une beauté pour son mari.
On ne peut ressentir la douceur de cette vie sans en même temps concevoir une colère absolue contre le mal qui la serre de toutes parts.
Que le poète obscur persévère dans son obscurité, s'il veut trouver la lumière.
Il y a des moments où vous grandissez grâce à des expériences, mais parfois il y a un point de rendement décroissant en termes de croissance.
J'ai vu les traces des anges sur la terre : la beauté du ciel marchant d'elle-même sur le monde.