Les infirmières faisaient quotidiennement leur rapport écrit. Elles disaient, pour chacune de nous, comment nous avions passé la nuit, si nous avions "dérangé". Le dérangement correspondait à l'insomnie, à l'angoisse. Ces choses nous dérangeaient nous, pas les infirmières. Mais nous, nous étions des êtres capables de "déranger", et cela était consigné sans faute. Nous n'avions pas laissé le temps pour se faire belles, de s'épiler les jambes, et ainsi, pauvres de nous, nous étions punies la journée. Tout nous était interdit, même de souffrir d'insomnie.
Sans doute sous l'influence de ma mère, je suis depuis l'enfance attiré par les femmes qui ont des faiblesses, et ce n'est pas la pitié qui m'anime mais un sentiment de proximité. Elles ont éveillé en moi la passion de [...] â–º Lire la suite