Le deuil est une convalescence. Le repos de l'être absent devient notre propre repos. Il y a de la contagion dans la mort.
L'art est la présence dans la vie de ce qui devrait appartenir à la mort ; le musée est le seul lieu du monde qui échappe à la mort.
C'est la vie et non point la mort qui sépare l'âme du corps.
Il n'y a pas plus grande douleur que d'être un ange en enfer, alors qu'un diable est chez lui partout.
La mort de Michael a été dévastatrice pour moi. C'est une telle source d'inspiration et un être remarquable.
Contre la mort nul ne peut se défendre.
Sur ce plat désert de mélancolie où règnent les ibis rosés et les fièvres paludéennes, parmi ces duretés et ces sublimités prévues par mon imagination, la belle petite fille vers qui j'allais m'excitait infiniment.
L'histoire n'a pas la forme d'un convoi dont les wagons en mouvement éloigneraient toujours davantage la gare, mais celle d'un conte de bonne femme où l'on pourrait, sans avoir même à traverser des forêts épaisses, retrouver endormi l'homme aimé.
L'homme oublie qu'il est un mort qui converse avec les morts.
A une vie toute de songe la mort ne peut faire mal.
Ce n'est pas si difficile que cela. C'est comme une douleur avec laquelle on apprend à vivre, quand on a mal au dos par exemple.
Pourquoi serait-il plus difficile de mourir, c'est-à-dire de passer de la vie à la mort, que de naître, c'est-à-dire de passer de la mort à la vie ?
La perspective certaine de la mort pourrait mêler à la vie une goutte délicieuse et parfumée d'insouciance - mais, âmes bizarres d'apothicaires, vous avez fait de cette goutte un poison infect, qui rend répugnante la vie toute entière !
En amour, il n'y a pas de plus affreux désastre que la mort de l'imagination.
La consommation de pets-de-nonne ne garantit pas une mort en odeur de sainteté.
Une vie inutile est une mort anticipé.
La mort ne révèle point les secrets de la vie.
Le deuil change de forme, mais il ne finit jamais.
La douleur de vivre, c'est la conscience obscure de se sentir mourir.
Si certaines personnes mouraient et que d'autres ne mouraient pas, la mort serait une terrible affliction.
Le garde-fou est le voile qui couvre le miroir et qui met l'âme en danger de mort imminente.
Dans l'univers du révolté, la mort exalte l'injustice. Elle est le suprême abus.
La mort fait de nos sentiments humains de vains tremblements à la surface de l'eau.
Celui qui vit après la mort de son ennemi, ne fût-ce qu'un jour, a atteint le but désiré.
La vieille femme restait couchée sur son lit très heureuse, tétant sa pipe d'opium et dormant tout le temps, et son cercueil était auprès d'elle bien en vue pour son réconfort.
Celui qui feint d'envisager la mort sans effroi ment. Tout homme craint de mourir, c'est la grande loi des êtres sensibles, sans laquelle toute espèce mortelle serait bientôt détruite.
Il faut jamais enterrer un mort deux fois.
Celui qui se transforme en bête se délivre de la douleur d'être un homme.
C'est la douleur seule qui rend consciente la passion, et c'est pourquoi l'on aime souffrir, et faire souffrir.
Toutes les sciences, même divines, sont de grandes enquêtes. Sauf que l'on ne cherche pas à savoir pourquoi un homme est mort mais les sombres secrets expliquant pourquoi il est en vie.
Comme le souvenir que laisse un mort est supérieur à sa vie ! Il n'y a pas des déchets.