Le jour viendra sûrement où la couleur ne signifiera rien de plus que le teint de la peau, où la religion sera considérée uniquement comme un moyen de parler de son âme ; quand les lieux de naissance ont le poids d'un coup de dés et que tous les hommes naissent libres, quand la compréhension engendre l'amour et la fraternité.
Cette puissante citation de Joséphine Baker exprime un profond désir d'un avenir idéal où les distinctions superficielles et souvent sources de division, comme la couleur de peau, la religion et le lieu de naissance, perdront toute importance significative dans la façon dont les êtres humains se perçoivent et interagissent. Elle prône une société basée sur la liberté intrinsèque de chaque individu et l'amour fraternel découlant d'une véritable compréhension mutuelle.
Le message essentiel de cette citation est un plaidoyer vibrant pour un avenir d'égalité universelle et de fraternité inconditionnelle. Elle nous encourage à œuvrer pour une société où la seule chose qui compte est notre humanité commune, où la compréhension mutuelle devient le socle de l'amour, dépassant les clivages artificiels de couleur, de croyance et d'origine.
La citation utilise un style lyrique et prophétique, marqué par la formule d'espoir «Le jour viendra sûrement où...». Le vocabulaire est fort et contrasté: les termes de division (couleur, religion, lieux de naissance) sont opposés aux idéaux de rassemblement (libres, compréhension, amour, fraternité). L'image du «coup de dés» pour le lieu de naissance souligne le caractère aléatoire et insignifiant de l'origine géographique face à la dignité humaine.
Cette vision fait écho aux grands principes des Droits de l'Homme (notamment la Déclaration Universelle de 1948) qui proclament que «tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits». Elle résonne également avec les discours de figures comme Martin Luther King Jr. et son rêve d'un monde où les gens ne seraient plus jugés sur la couleur de leur peau, mais sur le contenu de leur caractère. On y retrouve aussi l'idéal philosophique des Lumières sur la fraternité universelle.
Bien que la citation exacte ne soit pas datée précisément, elle est attribuée à l'artiste et militante Joséphine Baker, et s'inscrit dans la continuité de ses engagements publics pour la lutte contre le racisme et pour les droits civiques. Elle exprime une idée centrale de son message de paix et de tolérance.
L'auteure est Joséphine Baker (1906–1975). Née Freda Josephine McDonald aux États-Unis, elle fut une célèbre artiste de music-hall, danseuse et chanteuse, naturalisée française. Elle est également reconnue pour son engagement héroïque dans la Résistance française durant la Seconde Guerre mondiale et pour son activisme fervent en faveur des droits civiques, notamment en adoptant des enfants de diverses origines (sa «tribu arc-en-ciel») pour incarner son idéal de fraternité.
La citation trouve son ancrage dans le contexte historique du XXe siècle, marqué par la ségrégation raciale aux États-Unis, les tensions religieuses et les conflits nationalistes. Joséphine Baker, elle-même victime de racisme, a utilisé sa renommée mondiale pour militer. Après son installation en France et son engagement dans la Résistance, elle est devenue un symbole international de liberté et de lutte contre toutes les formes d'oppression, portant ce message d'unité à une époque où le monde était encore profondément divisé par les préjugés.