Chaque faux pas mène au bon pas.
Il fallait se méfier de la méchanceté qui semble être un luxe qu'on peut se permettre, quand on est jeune, car la vérité est tout autre: la méchanceté est une lumière froide dans laquelle les choses perdent leurs couleurs, et ce définitivement.
La vérité, c'est un attrape-nigaud, ou plutôt, c'est un plat que chacun cuisine à sa façon. Seulement, il y a de bons et de mauvais cuisiniers.
Dans la volupté, suprême forme du plaisir, on copule presqu'autant avec soi qu'avec une autre, la volupté n'étant après tout qu'une masturbation de l'âme.
On se moque des enfants qui justifient leurs mauvais coups par ce gémissement : "C'est lui qui a commencé !" Or, aucun conflit adulte ne trouve sa genèse ailleurs.
Tout le sensible a besoin de la croix, tout l'intelligible doit passer par la tombe.
Deux mains jointes font plus d'ouvrage, sur la terre, Que tout le roulement des machines de guerre.
Un écrivain véritable c'est quelqu'un ou quelqu'une dont l'écriture est un cocktail explosif, dont chaque mot est un siège éjectable pour le regard, et qui respire avec des accents graves, aigus ou circonflexes.
Cela m'ennuie de parler de cette histoire. Tout y est absurde, mesquin. J'y vois des sortes...des sortes d'offenses. Oui, c'est le mot. Qu'un homme puisse se trouver dans une situation absurde, je trouve cela insultant. c'est ce qui me fâche [...] â–º Lire la suite
La séduction est de l'ordre du rituel, le sexe et le désir sont de l'ordre du naturel. Ce qui s'affronte dans le féminin et le masculin, ce sont ces deux formes fondamentales, et non quelque différence biologique ou rivalité naïve du pouvoir.
Un bon avocat connaît la loi; un avocat malin emmène le juge déjeuner.
La paix est ce bref moment glorieux de l'histoire où tout le monde se tient debout pour recharger.
Et nous réclamons le droit d'une légèreté et d'une incompétence radicale, celui d'entrer dans le cabinet de l'analyste et de dire: ça sent mauvais chez vous.
Quelquefois, le chasseur dit : « Pauvres bêtes ! » C'est quand il a tué tout son saoul.
Ce dont un journal a besoin dans ses nouvelles, dans ses titres et sur sa page éditoriale, c'est du laconisme, de l'humour, de la puissance descriptive, de la satire, de l'originalité, du bon style littéraire, de la condensation intelligente et de la justesse, de la justesse, de la justesse.
Il me manquera le partage, l'émotion, le regard troublé, le rire, ce quelque chose au ventre qui vous bouffe avec bonheur et cette larme dans le coin de votre oeil qui ne veut pas glisser sur votre joue.
La modestie est le meilleur appât pour aller à la pêche aux compliments.
Tout est si simple et si facile quand on rêve. Comment ensuite continuer tout bonnement d'exister comme s'il n'y avait pas eu cette parenthèse brûlante.
Il ne faut pas être plus pressé que Dieu et tout ce qui prétend accélérer l'ordre immuable, qu'il a établi une fois pour toutes, conduit à l'hérésie.
Quand tout est facile, il n'y a rien de vraiment important.
Ayez de l'argent, et tout le monde comprendra vos paroles ; soyez sans argent, et personne n'entendra ce que vous dites.
Si vous préservez votre esprit de tout jugement et n'êtes pas esclaves de vos sens, votre coeur trouvera la paix.
Il aimerait se faire pitié, ou horreur. Quelque chose. Mais rien. Que cette tranquillité absurde.
La paix n'est pas bon marché, mais la guerre a un coût infiniment supérieur.
Rien n'est meilleur à l'âme que de faire une âme moins triste...
Tout éclat désagréable a sa pluie de pétales, je suis ainsi, je ne sais pas m'abandonner longtemps à l'affolement ou à la colère, et puis tout cela est dérisoire.
Il y a une dimension spirituelle dans chaque relation. Lorsque deux personnes se réunissent, c'est que l'esprit le veut ainsi.
C'est une chose curieuse... que chaque croyance promette un paradis qui sera absolument inhabitable pour toute personne de goût civilisé.
Il n'y a pas d'amour heureux, chacun ou chacune porte en soi l'image brisée de cette impossibilité, comme une déchirure, le cri étouffé d'un oiseau blessé.
Le mythe de Rimbaud, comme tout mythe traditionnel, antique ou primitif, est encouragement de l'homme à repousser, à transcender ses limites.
Lorsque le coeur est dépouillé de tout désir, c'est là la voie.