Il faut pourtant que la critique se mêle toujours à l'éloge, le serpent aux fleurs, l'épine aux roses et la vérole au cul.
L'homophobie n'est pas condamnable parce qu'elle serait une critique de l'homosexualité, mais parce qu'elle exprime la haine des homosexuels.
La nature du roman est l'infini.
On voyait particulièrement sur la carte un fleuve, un grand fleuve puissant, qui ressemblait à un immense serpent déroulé, la tête dans la mer, le corps au repos, infléchi sur de vastes distances, la queue perdue au fond du pays.Remonter [...] ► Lire la suite
Savetier, borne ta critique à la chaussure !
Un rédacteur publicitaire, c'est un auteur d'aphorismes qui se vendent.
Un défaut de la vitre, et le moineau est un aigle sur le toit.
Connu ou pas, talentueux ou besogneux, un auteur est toujours un sac de nerfs.
Le Roman est une Mort; Il fait de la vie un destin, du souvenir un acte utile, et de la durée un temps dirigé et significatif.
Un auteur doit toujours avoir son manuscrit dans sa poche, on ne sait pas ce qui peut arriver.
L'alternative dialectique est une méthode scientifique parfaitement respectable.
L'essai donne un état du réel structuré par un raisonnement tandis que le roman est mouvant, il rend ce que la vie a de contradictoire, d'incohérent, de changeant.
Un auteur est souvent obscur pour le lecteur parce qu'il procède de la pensée à l'expression plutôt que comme le lecteur de l'expression à la pensée.
Notre vie est un livre qui s'écrit tout seul. Nous sommes des personnages de roman qui ne comprennent pas toujours bien ce que veut l'auteur.
Incapable de s'ajuster à la vie contemporaine qui le pénétrait de dégoût, il résidait au fond de son propre coeur, tel que, dans son antre, un dragon d'avant le déluge, inconsolable et hagard de la destruction de son espèce.
Avoir trop de passé fait rêver à ne plus en avoir du tout. Mais quand on écrit et qu'on de la mémoire, la magie du roman consiste justement à vaincre cette difficulté : faire partager aux autres un souvenir somme toute très limité.
Aujourd'hui, la censure a changé de visage. Ce n'est plus le manque qui agit mais l'abondance.
La vie d'un roman est le plus souvent de trois mois, tandis qu'un livre de poèmes, on le prend, on le lit, on le laisse, on le reprend, ça dure longtemps, très longtemps...
- Pourquoi est-ce qu'il a fallu que je sauve ce dragon ? J'aurais mieux fait de le tuer. Ça aurait été mieux pour nous tous si j'avais fait ça. - Ouais, et c'est ce qu'on aurait tous fait ! C'est clair... Alors, [...] ► Lire la suite
La seule raison d'être du roman est de dire ce que seul le roman peut dire.
Dans un mauvais roman policier, le coupable n'est jamais loin, c'est l'auteur.
En France, le premier jour est pour l'engouement, le second pour la critique et le troisième pour l'indifférence.
La critique ne doit pas s'écrire : on la parle. A quoi bon écrire ce qui est fait ? Seule, l'oeuvre d'art se fait plume en main.
La critique est osée, mais l'art a des ficelles.
Tout auteur dramatique digne de ce nom nous met sous le nez l'horreur et la grâce d'exister.
La vie est le roman de la matière.
Pour leurrer le monde, ressemble au monde ; ressemble à l'innocente fleur, mais sois le serpent qu'elle cache.
Le roman n'est pas posé sur la réalité comme le couvercle sur une boîte. Il est une autre réalité qui gravite autour de la première et qui l'éclaire.
Qu'on écrive un roman ou un scénario, on organise des rencontres, on vit avec des personnages ; c'est le même plaisir, le même travail, on intensifie la vie.
Quand un serpent te voue de l'affection, fais-en un collier et porte-le autour du cou.