Mon vieux, je plaisante pour mieux te faire mesurer le sérieux qui est en moi. Tu sais bien que nous pleurons le plus souvnt avec la discrétion de la fantisie. Je chante pour mieux pleurer.
Depuis le temps que je patientedans cette chambre noireJ'entends qu'on s'amuse et qu'on chanteAu bout du couloir;Quelqu'un a touché le verrouEt j'ai plongé vers le grand jourJ'ai vu les fanfares, les barrièresEt les gens autour.
Et parce que je suis heureux et que je danse et que je chante,Ils pensent qu'ils ne m'ont fait aucun tortEt ils sont partis louer le Seigneur, et son prêtre et son roiQui édifient un paradis de notre misère.
Quel enfant n'a pas aimé trembler, la nuit sur les pentes herbeuses, à attendre le dahu, n'a pas chanté pour se donner du courage devant les monstres de l'imaginaire, vaincre la peur en marchant bravement vers les ombres ?
Je chante dans cinq ou six voix différentes qui font partie de moi. Ce n'est pas artificiel.
Quand je chante, les gens se taisent.
Je ne suis pas une chanteuse qui joue mais une comédienne qui chante.
C'est la vraie voix féminine de l'orchestre, voix passionnée et chaste en même temps, déchirante et douce, qui pleure et crie et se lamente, ou chante et prie et rêve, ou éclate en accents joyeux, comme nulle autre pourrait le faire.
Quand on a de l'argent en poche, on est un sage, on est beau et même, on chante bien.
Vous avez chanté comme un contrôleur des impôts.
Je souffre tellement dans cette vie. C'est ce que le public sent quand je chante, c'est pourquoi il pleure. Les gens qui n'ont rien senti dans cette vie ne peuvent pas chanter.
Je me rappelle d'un concert d'Yves Montand, où il interprétait Battling Joe (...) je l'ai chanté avec lui des années après, dans une émission de télé (...) j'écoutais ses chansons en boucle.
Le parvis du Trocadéro me donne encore la chair de poule. J'y avais chanté en 1995 sous la direction de Seiji Ozawa lorsque, à l'occasion d'une visite à Paris de Nelson Mandela.
Je chante pour les réalistes, pour les gens qui l'acceptent tel quel. J'exprime des problèmes. Il a des larmes quand il est triste et sourit quand il est heureux. Cela me semble simple, mais pour certaines personnes, je suppose que le courage est nécessaire.
J'aimais conduire. Vite. En rupture avec la raison. Nuit et jour. Au petit matin. À l'heure du blues crépusculaire. Avec des bouts de lumière qui te pètent dans l'oeil, avec Marvin Gaye qui chante à la radio. Des courbes qui s'engouffrent dans le noir des longs tunnels. Faut pas lâcher le pied.
Il y a un rythme dans chaque phrase, donc une musique. Chaque syllabe y prend sa place. C'est un automatisme: quand je lis un texte, je ne lis pas, je le chante dans ma tête. C'est naturel, j'associe toute phrase à un tempo.